Bonjour à toutes et à tous,

 

En avril ne te découvre pas d’un fil. En ce premier jour d’avril, l’adage se confirme !

 

Mais pour certains, la récolte s’est déjà jouée la semaine dernière, principalement pour les abricotiers et les pêchers.

 

La sensibilité des arbres diffère en fonction de l’espèce, de la variété et du stade phénologique (stades de végétation). En plein hiver, les arbres résistent sans problème à des températures de -18° à -20°. Au stade de boutons le pommier et le poirier résistent à des températures de –4,5°, pour les fruits à noyaux -4°. En pleine floraison, le pommier et le poirier résistent à -3°, -2° pour l’abricotier, – 3,5° pour le pêcher et même -4° pour le cerisier. C’est au moment de la nouaison (lorsque le tout jeune fruit se forme et qu’il doit rester attaché à l’arbre) que les arbres sont les plus sensibles. 0° pour l’abricotier, -2° pour le pommier, -1° pour les autres espèces.

 

Pour les professionnels divers moyens de lutte sont disponibles, mais très souvent, leurs conditions de mise en œuvre sont spécifiques ou demandent des infrastructures importantes et surtout, leur coût de mise en œuvre, peut s’élever à plusieurs milliers de francs à l’hectare pour une seule nuit de lutte.

 

La lutte par aspersion : Dès que la température est à 0° (pas avant, car l’eau qui s’évapore prend des calories à la plante), on déclenche l’arrosage au-dessus des arbres. Il faut bien sûr disposer d’une telle installation, de beaucoup d’eau et d’un sol drainant. Ce qui est le cas dans la vallée du Rhône. L’eau en gelant va dégager 80 calories par gramme, ce qui va ‘’réchauffer’’ les organes floraux. Une fois le manchon de glace installé, la température reste stable sous ‘’ce manteau de glace’’. L’arrosage ne pourra être arrêté que lorsque les températures seront à nouveau quelques degrés au-dessus de zéro, afin de compenser la perte de calories engendrée par la fonte de la glace. La mise en place de cette mesure va durer quelques heures.

 

La lutte à l’aide de chaufferettes : Cette lutte ne peut avoir lieu que par vent faible. Elle consiste à allumer des bougies de paraffine ou des bidons remplis de pellets. Cette méthode permet de réchauffer l’air. Ces petits récipients doivent être installés au maximum à 10 m les uns des autres. Ils doivent être plus proches si le froid est plus intense.

 

La couverture par la fumée : Nécessite aussi l’absence de vent. Au lever du jour, on crée un écran protecteur à l’aide de bottes de paille humides, réparties dans la culture, auxquelles on a mis le feu. La réduction de la perte par rayonnement de la chaleur du sol dans l’atmosphère permet de gagner jusqu’à 1°. Cette méthode libère une grande quantité de particules fines dans l’atmosphère.

 

Le brassage de l’air : L’air froid plus dense se trouve près du sol. L’air chaud étant moins dense, il se retrouve en hauteur. Cette technique consiste à diriger vers le sol, à l’aide de gros ventilateurs ou de petites d’éoliennes cet air ‘’chaud’,’ que l’on va chercher à quelques mètres du sol. Cette technique brasse les masses d’air et plaque de l’air plus chaud au sol. Les gaz d’échappement et la chaleur dispensées par les générateurs diesel faisant fonctionner ces installations peuvent aussi être dirigés dans le flux d’air pour contribuer à son réchauffement. La même technique peut être effectuée par un hélicoptère volant à environ 20 m du sol qui effectue des passages toutes les 6 à 7 minutes. Cette dernière technique demande de pilotes chevronnés, car voler à une altitude si basse au lever du jour demande de très bonnes aptitudes de pilotage et l’absence d’obstacles !

 

Le mur d’air chaud : Une ancienne station d’essais phytosanitaires au pied de la Dôle est équipée d’un système de buses-brûleurs alimentés par le gaz. Les buses sont disposées dans un grand caniveau qui surplombe l’ensemble des cultures. Lorsque qu’une masse d’air froid descend du Jura, le système peut être enclenché. La masse d’air froid en se déplaçant traverse ce mur d’air chaud ce qui la réchauffe.

 

Comme vous pouvez le constater, ces techniques ne sont pas évidentes à mettre en œuvre chez l’amateur. Certaines années, comme pour certains producteurs, il ne vous restera malheureusement, que les yeux pour pleurer.

 

Malgré cela, restons positifs, je vous souhaite à toutes et tous, un bon mois d’avril.

 

Pierre-Alain