bon geste de février 2026

Le bon geste de février.

 

Bonjour à toutes et à tous,

 

Les frimas de l’hiver ne doivent pas vous faire oublier que d’ici à une quinzaine de jours, la lutte contre la cloque du pêcher devra débuter sous forme d’une application de cuivre à renouveler en mars. Ces applications doivent être réalisées par temps ensoleillé. Pour que les applications soient efficientes, il est impératif que les conditions météo restent favorables durant les 2 à 3 jours qui suivent.

 

A noter que ce type de lutte bio peut être remplacée par un produit alternatif : La macération huileuse d’ail. Dans ce cas, la lutte ne débutera qu’au débourrement. Diverses applications seront réalisées jusqu’à fin juin.

 

Préparation de la macération d’ail huileuse :

 

  • Broyer grossièrement 100gr d’ail avec un mortier, un mixer ou avec un presse-ail.

 

  • Mélanger 3 à 4 cuillères d’huile de colza, de tournesol ou d’olive bio à l’ail broyé.

 

  • Laisser macérer 12 heures à température ambiante.

 

  • Préparer un litre d’eau et une bouteille hermétique de 1 litres.

 

  • Placer, au-dessus de la bouteille, une passoire fine dans un entonnoir. Verser la macération d’ail dans la passoire. Puis, verser tranquillement l’eau au-dessus de la macération pour en rincer l’huile chargée en principes actifs d’ail.

 

  • Ajouter quelques gouttes de savon noir afin de provoquer l’émulsion puis fermer la bouteille.

 

Vous pouvez conserver cette macération durant 3 mois au réfrigérateur.

 

N’a aucune odeur à la préparation et ne donne aucun goût une fois appliqué.

 

Préparation pour l’application :

 

1 litre de macération d’ail permet de préparer 20 litres de bouillie de traitement (1 litre de macération + 19 litres d’eau + 4 dl ou 6 dl de savon noir + 1 cuillère à soupe de poudre d’argile verte.

 

 

 

La taille et l’importance du voile de taille lors de la taille des arbres fruitiers :

 

On effile le prolongement de chacune des branches puis les rameaux deviennent de plus en plus longs au fur et à mesure que l’on se rapproche du centre de l’arbre. On peut s’imaginer la forme d’une lance en 2D ou celle d’un cône de signalisation en 3D. Si on se représente la forme d’un fruitier classique avec un cône vertical représentant l’axe et 3 à 4 cônes inclinés de 45° qui représentent les branches charpentières, vous pouvez assez facilement vous représenter le volume fruitier rempli par les branches, les feuilles et les fruits. Ainsi que l’espace libre à proximité. Cette forme effilée permet une bonne pénétration de la lumière, mais aussi une bonne aération, ce qui limite le développement des maladies. Les fruits seront aussi mieux exposés à la lumière. Entraînant une belle coloration de l’épiderme et une bonne qualité gustative. Autre avantage, la production fruitière sera plus importante près du centre de l’arbre, ce qui est un avantage statique non négligeable et évite la rupture des branches.

 

Bon mois de février à toutes et tous.

 

Pierre-Alain

 

Le bon geste de décembre 2025

Décembre 2025

 

Bonjour à toutes et à tous.

 

Ce bon geste pourrait vous indiquer que vous pouvez débuter la taille des fruitiers à pépins, mais aussi celle des pruniers. Ou encore vous conseiller de tester votre échelle et de bien aiguiser votre matériel de taille.

 

Et bien non !

 

Pour cette dernière rubrique de l’année, je vais vous emmener sur des chemins un peu plus poétiques.Connaissez-vous Gilles Clément, un architecte paysagiste français qui a redonné aux jardins, au début des années 1990, un aspect plus sauvage. Gilles Clément n’est pas seulement une star de l’architecture des jardins, c’est aussi un entomologiste hors pair, un fabuleux compteur d’histoires et surtout un écrivain prolifique et merveilleux à lire. Sa notoriété lui permet des divagations que d’autres ne pourraient se permettre. Je pense à son livre, paru en avril 2021, sur la restauration de la cathédrale Notre-Dame intitulé tout simplement : Notre-Dame-des-Plantes. Il y défend le postulat que vu la disparition de la charpente, une simple verrière pourrait faire l’affaire et l’intérieur de la cathédrale devenir une gigantesque serre où seraient cultivées des plantes en relation avec la bible, les murs extérieurs seraient recouverts de vignes permettant la production de vin de messe…

 

Mais ce n’est pas encore sur ce chemin que je désire vous emmener. Mais, sur celui d’un autre de ses livres intitulé : Une brève Histoire du Jardin. Edité en 2011 et réédité en 2020, cet ouvrage contient un magnifique texte qui nous apporte un regard sur l’importance des cultures vivrières, et des arbres fruitiers et sur la civilisation qui nous a façonné.

 

‘’Le premier jardin est celui de l’homme ayant choisi de faire cesser l’errance. Il n’y a pas d’époque pour cette étape dans la vie d’un homme ou d’une société.

 

Le premier jardin est vivrier. Le jardin potager est le premier jardin. Il est intemporel car non seulement il fonde l’histoire des jardins, mais la traverse et la marque profondément dans toutes ses périodes.

 

Le premier jardin est un enclos. Il convient de protéger le bien le plus précieux du jardin ; les légumes, les fruits, puis les fleurs, les animaux, l’art de vivre, ce qui, au fil du temps, ne cessera d’apparaître comme ‘’le meilleur’’. C’est la façon d’interpréter le meilleur qui, en fonction des modèles de civilisation, va déterminer le style des jardins. La notion de meilleur, de bien précieux, ne cesse d’évoluer. La scénographie destinée à valoriser le meilleur s’adapte au changement des fondamentaux du jardin, mais le principe du jardin demeure constant : s’approcher le plus possible du paradis.’’

 

C’est sur ces quelques lignes que s’achève, pour cette année, mes chroniques.

 

Je vous souhaite à toutes et à tous de merveilleuses fêtes de fin d’année et vous donne rendez-vous l’année prochaine.

 

Pierre-Alain

 

Le bon geste de tous les mois!

Chers amis des arbres et de la Pomologie,

Je suis devenu depuis le 1er novembre le nouveau caissier de votre société en remplacement de M. Bernard Knobl qui a assuré ce rôle depuis de nombreuses années.

Le mot de ce mois est un peu spécial, n’ayant pas directement un lien avec l’arboriculture et en en ayant un bien précis. Je vous le présente non pas en tant que spécialiste des arbres, que je ne suis pas, mais en tant qu’apiculteur.

Vous le savez, les insectes pollinisateurs sont précieux pour l’arboriculture, car ce sont eux qui, en venant prélever le nectar des fleurs, transportent d’une fleur à l’autre le pollen qui les fécondera. Il y a des multitudes d’insectes pollinisateurs, et les abeilles mellifères en font partie.

Or il y a un ravageur friand d’hyménoptères qui est arrivé en Suisse, le Vespa Velutina, communément appelée frelon asiatique (ci-après FA), qui déstabilise tout ce merveilleux équilibre : le frelon asiatique est originaire d’Asie et a été accidentellement introduit en Europe en 2004 dans le sud-ouest de la France. Depuis, l’espèce s’est étendue aux pays voisins, elle est maintenant présente dans toute la France, le nord de l’Espagne, dans tout le Portugal, dans le nord et l’ouest de l’Allemagne et est arrivée en Suisse en 2017. L’axe principal de l’invasion en Suisse passe par Genève, où, en 2023, on a découvert plus de 80 nids, ce qui laisse supposer un nombre important de nids non découverts.

Pour mieux comprendre cette invasion il est important de comprendre le cycle de développement du FA.

Les reines fécondées sont les seuls individus à passer l’hiver, cachées dans le sol ou dans des anfractuosités, aussi bien dans la nature que dans les maisons. Au printemps ces reines se réveillent et se mettent au travail : elles construisent un petit nid, qu’on appelle nid primaire, dans lequel elles commencent à pondre et élever les premières ouvrières. A mesure que le nombre d’ouvrières augmente, la taille du nid augmente, il passe de la taille d’une balle de tennis à la taille d’un ballon de football. Ces nids primaires résistent mal à la pluie, et sont donc souvent bâtis à l’abri, sous des avant-toits, dans des remises peu fréquentées, dans des granges, mais peuvent tout aussi bien se trouver près du sol, dans des buissons épais, des haies.

Vers juin-juillet, le nombre d’ouvrières a bien augmenté, et à un certain moment la colonie déménage et part se construire un nid plus grand, que nous appelons nid secondaire. Ces nids secondaires sont très souvent, mais pas toujours, construits dans des arbres, souvent à grande altitude, cachés dans la canopée, mais peuvent aussi se trouver près du sol, bien cachés dans des buissons, et peuvent atteindre des dimensions tout à fait impressionnantes, 80 à 100 cm de long avec une population de plusieurs milliers d’individus.

C’est à cette période que le FA devient nuisible pour les populations d’hyménoptères : en effet, pour nourrir les milliers de larves présentes dans ces nids, les FA doivent ramener des protéines et vont donc chasser tout ce qui passe à leur portée, et quand ils trouvent un rucher c’est une source de nourriture facile et abondante.

Le FA chasse en pratiquant un vol stationnaire devant les ruches et attrape les abeilles qui sortent de la ruche ou qui y reviennent. Dans une ruche, en plein été, on compte entre 30’000 et 50’000 abeilles : si 2000 frelons viennent chasser 10 fois dans la journée, ça fait 20’000 abeilles de moins chaque jour, la ruche sera vidée en 2 jours….. C’est là qu’on saisit pleinement le danger du FA, car ce qui arrive aux ruches arrive aussi à la biodiversité globale : on considère qu’un nid de FA prélève dans la nature environ 12 kg d’insectes pour nourrir ses larves, et ça fait un nombre d’insectes important.

Le FA peut aussi présenter un risque pour l’humain en cas de piqûres multiples, sans toutefois être plus dangereux que le frelon européen. Il est recommandé de ne pas approcher de nid de frelons asiatiques à moins de 5 mètres et de ne pas chercher à entreprendre d’action de neutralisation de nids.

Et en plus le FA est extrêmement prolifique : on a récemment détruit un nid dans lequel on a trouvé 8175 individus dont plus de 850 reines fécondées prêtes à se disperser dans la nature, ce qui aurait signifié la présence de plusieurs centaines de nids l’année suivante.

Au stade d’aujourd’hui, il sera impossible d’enrayer totalement l’avancée du FA, mais le souhait de tous est de limiter autant que possible son implantation en nos contrées, et c’est là le but de ce mot du mois : nous avons besoin que tous les amoureux de la nature, que tous les professionnels et amateurs qui œuvrent ou se déplacent dans la nature, et vous en êtes, prennent l’habitude d’observer, et en cas de découverte de frelon suspect ou de nid, photographiez-le ou filmez-le et envoyez les images, avec indication précise de l’endroit et de la date où vous les avez prises ainsi que vos coordonnées, via le site www.frelonasiatique.ch. La meilleure façon de ralentir la propagation du FA est de capturer les reines fondatrices au printemps ou de détruire les nids primaires avant la ponte des futures reines.

On pourrait écrire beaucoup plus, et si le sujet vous touche ou vous concerne vous trouverez sur Internet plein de documentation sur le FA.

Je vous souhaite une belle fin d’hiver et une bonne taille de vos arbres.

JF Descombes

Le bon geste d’octobre et novembre 2025

Octobre-novembre 2025

 

Bonjour à toutes et à tous.

 

Comme l’a chanté Yves Montand, les feuilles mortes se ramassent à la pelle … dans notre cas c’est bien dans le sens premier qu’il faut le comprendre et non dans le sens de la chanson.

 

Le cycle naturel, veut que les composants des feuilles retournent naturellement au sol.

 

Diverses raisons vont contrarier ce cycle naturel :

 

  • Les feuilles traitées au cuivre deviennent difficiles à décomposer par les organismes du sol. De plus, le cuivre étant un métal lourd, il s’accumule dans le sol et ralenti sa dynamique naturelle. Par conséquent, il convient de réserver les traitements aux arbres sujets à de fortes attaques cryptogamiques ainsi qu’aux espèces sensibles. Dans ce cas, il vaut mieux exporter ces feuilles dans une compostière.

 

  • Les feuilles mortes malades contiennent des spores de maladies qui n’attendent que le printemps pour, à nouveau, contaminer les nouvelles feuilles. Le broyage va accélérer le processus de décomposition et éviter ce phénomène. Le ramassage et l’élimination en déchèterie ou le recouvrement du tas de feuilles à composter par de la terre évitent aussi ce problème.

 

  • Une couche de feuilles sur les brins d’herbe va les priver de lumière et va les faire pourrir. La conservation d’un tapis de feuilles sur une pelouse n’est pas conseillée. Vous pouvez ramasser et composter vos feuilles dans un endroit spécifique et faire, une fois les feuilles décomposées, un apport de compost à votre pelouse, c’est un très bon fertilisant.

 

  • La culture du ‘’Tiptop en ordre’’ fait partie des injonctions sociales qui incitent à ne pas laisser la nature faire son cycle naturel.

 

Dans les cas où cela est possible, il convient de laisser les feuilles former une couche de litière sur le sol. C’est une nourriture de premier choix pour les lombrics et les micro-organismes du sol. Cet apport compense les pertes d’humus et entretien la fertilité du sol. De plus l’augmentation du taux d’humus correspond à une séquestration du carbone dans le sol. Ce qui diminue les effets du réchauffement climatique.

 

Bel automne à toutes et à tous.

 

Pierre-Alain

 

Le bon geste de septembre 2025

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Bonjour à toutes et à tous.

 

C’est avec un grand plaisir que je vous retrouve à la sortie de la pause estivale. Mais comme vous le remarquez avec un peu d’avance. Les températures élevées du début août ont favorisé la maturation des fruits, en conséquence les dates de récolte.

 

Les dates de récolte sont estimées par les experts de l’Union Fruitière Lémanique et les bases de données permettant de calculer les dates de récolte.

 

Ces dates sont données à titre indicatif sur la base d’observations réalisées en vergers de production, pour la région lémanique (la plus précoce).Les conditions peuvent varier de quelques jours selon : la région, l’altitude, l’exposition et les différents types d’une même variété. Par exemple : on compte une semaine de décalage entre la région lémanique et le Nord Vaudois.

 

II est à noter que les arboriculteurs professionnels récoltent leurs fruits à maturité, mais pas à complet mûrissement car les fruits doivent encore être aptes à supporter un stockage plus ou moins long, la commercialisation et l’attente chez le consommateur. Ce qui peut encore faire varier la date de quelques jours. Pour les poires, la récolte s’effectue sur des fruits ‘’encore verts’’.

 

Tenez aussi compte de vos goûts personnels. Certaines personnes aiment consommer les fruits à la chair bien ferme, croquante et une maturité peu avancée. Ce qui convient aussi pour la mise en conserve. D’autres personnes, des fruits à la chair fondante et aux arômes prononcés.

 

Un test simple à faire est de couper le fruit en 2 avec un couteau et observer la chair du fruit.Si le fruit est blanc sous l’épiderme, c’est qu’il est mûr. Si la chaire est encore verte sur plusieurs mm, votre fruit n’est pas encore mature. Le moyen le plus simple est de choisir un fruit bien exposé et coloré et de le goûter. Pour les poires, une méthode assez simple pour déterminer le moment de la récolte consiste à soulever le fruit. Si le pédoncule se détache de l’arbre, c’est que le fruit a atteint le début sa maturité et qu’il est prêt à être récolté.

 

Pommes :

 

‘Cox Orange’, ‘Elstar’, ‘Reine des Reinettes’, ‘Rubinola’ : la récolte devrait se terminer ces jours.

 

‘Gala’, ‘Rose de Berne’, ‘Kidd’s Orange’ : la récolte est en cours, elle devrait être terminée à fin août.

 

‘Reinette du Canada’, ‘Boskoop’, ‘Golden’, ‘Ladina’ : récolte à partir du 1er– 7 septembre.

 

‘Rubinette’, Pinova’, Topaz’ : récolte à partir du 8- 14 septembre.

 

‘Idared’, ‘Pomme Cloche’ : récolte vers le 23 – 25 septembre.

 

‘Breaburn’, ‘Granny Smith’ : récolte vers le 7 -13 octobre

 

 

 

Poires :

 

‘Conférence’, ‘Louise Bonne’, ‘Harrow Sweet’ : la récolte est en cours, elle devrait être terminée à fin août.

 

‘Beurré Bosc’ :récolte à partir du 1er – 7 septembre.

 

 

 

Pruneaux :

 

‘Fellenberg’ : la récolte devrait être terminée.

 

 

 

La pluviométrie de la fin de l’hiver et du début du printempsannonçait un déficit de près de 90 mm par rapport à la moyenne des 25 dernières années. Cette pluviométrie n’a pas été compensée par les pluies de l’été. Par conséquent, l’arrosage des jeunes plantations, des arbres fragiles et de ceux greffés sur des porte-greffes faibles doit être maintenu.

 

Bon mois de septembre à toutes et à tous.

 

Pierre-Alain

 

 

Le bon geste de juillet et août 2025

Juillet-août 2024

Bonjour à toutes et à tous,

 

Avec les températures et l’ensoleillement de ces derniers jours, je tiens à vous apporter quelques précisions sur l’effet des produits de traitement sur les végétaux.

 

  • Certains produits phytopharmaceutiques conventionnels. Appelons-les, plus simplement : les produits chimiques, contiennent des détergents qui ‘’dégraissent’’ la cuticule cireuse qui recouvre les feuilles afin que la matière active puisse pénétrer ou coller au feuillage. Par fort ensoleillement ou températures élevées, cette cuticule protège les feuilles de l’évaporation. Sans cette protection, les feuilles brûlent !

 

  • D’autres produits, comme le soufre, se transforment en vapeur et s’évaporent. Ces vapeurs provoquent des brûlures dès 25° C.

 

  • L’eau qui sert à rependre le produit peut, dans certains cas, s’évaporer trop rapidement. Le produit se retrouve accumulé et concentré à l’apex des feuilles. Ce qui provoque une nécrose apicale de l’extrémité de la feuille.

 

  • Les huiles essentielles sont photosensibilisantes (y compris pour notre peau).

 

Bref, une simple règle d’or : traiter tôt le matin ou tard le soir sur des plantes qui n’ont pas soif. Ce qui évite aussi les heures de vol des abeilles.

 

Je vous propose, en document joint, une petite lecture estivale, sous la forme du compte rendu du cours sur la conduite de la vigne.

 

Bonne lecture et bel été à toutes et à tous.

 

Pierre-Alain

 

Le bon geste de juin 2026

Bonjour à toutes et à tous,

 

Si vous avez des problèmes avec le ver des pommes ou carpocapse, la lutte doit débuter de suite. 3 possibilités s’offrent à vous :

 

  • Si la pression est forte, appliquer un traitement Bio. Virus de la granulose, nom commercial Madex. Les interventions doivent être renouvelées, tous les 8 jours ensoleillés, jusqu’à mi-juillet. Première application à dosage normal, les suivantes à ½ dose.

 

  • Il 2. Il est aussi possible d’appliquer un traitement de suite et un aux environs du 15 juin avec une macération d’ail huileuse. L’effet est répulsif.

 

  • Ou la préparation suivante : 2.5 ml d’huile essentielle de géranium + 2.5 ml d’huile essentielle de de citronnelle + 1 cuillère à soupe de miel + 2 cuillères à soupe de savon noir pour 10 litres d’eau. Effet de confusion.

 

L’éclaircissage des pommiers et des poiriers doit s’effectuer après la chute physiologique naturelle et jusqu’au 20 juin. Une petite nuance différencie les 2 espèces. La floraison du pommier débute par le centre du corymbe (nom de l’inflorescence de certaines espèces de la famille des Rosacées. Il s’agit d’une grappe dont les fleurs arrivent toutes au même niveau). Lors de l’éclaircissage on garde le fruit central que l’on nomme aussi ‘’fruit royal’’ (c’est celui qui se développe le mieux) et un second à proximité. Au contraire, le poirier débute sa floraison par le bord du corymbe. On garde donc le plus gros fruit à l’extérieur et un à proximité et l’on supprime ceux au centre de l’inflorescence.

 

Les conditions chaudes et humides de cette semaine vont favoriser le développement des maladies. Pensez à renouveler la protection préventive contre les maladies après les prochaines pluies.

 

Bon mois de juin à toutes et à tous.

 

Pierre-Alain

 

Le bon geste de mai 2026

Bonjour à toutes et à tous,
Une fois de plus, les conditions météo du mois d’avril ont été exceptionnelles, le développement végétatif aussi !
Il est impératif d’arroser les nouvelles plantations.
Surveillez l’apparition des chenilles et surtout des pucerons qui bénéficient, actuellement, de conditions très favorables à leur multiplication. La pose de bandes engluées, sur les troncs, diminue drastiquement, leur développement (jusqu’à 90 %). En effet, les fourmis qui défendent les pucerons contre les auxiliaires n’ont plus accès au houppier des arbres.
Les diverses maladies du feuillage bénéficient aussi avantageusement de ces conditions météorologiques. Soyez vigilants !
Pour renforcer vos plantes, n’hésitez pas à utiliser de l’extrait fermenté d’ortie. Pulvérisation sur le feuillage au dosage de 3 % soit : 1 litre d’extrait fermenté dans 32 litres d’eau (si possible de l’eau de pluie). Cette application peut se renouveler toutes les 3 semaines durant la période de végétation.
La récolte des orties et des prêles devrait s’effectuer avec 2 à 3 semaines d’avance, soit vers le 10 ou 15 mai.
Pour terminer, un petit mot concernant le retrait de produits phytosanitaires. Un collaborateur de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires m’a recontacté à la suite de mes questions de fin février concernant les produits à base de cuivre. Tout produit phytosanitaire reste inscrit sur la liste des autorisations tant que le délai d’utilisation du produit n’est pas échu. L’utilisateur du site internet doit se rendre sous chaque dénomination commerciale du produit pour en lire le détail. Par exemple, les produits à base de cuivre ont été retirés du commerce pour la vente aux particuliers à partir du 31 octobre 2025. Le délai d’utilisation court jusqu’au 31 octobre 2026. Ces informations ne sont pas disponibles sur le tableau récapitulatif. Ils restent inscrits sur cette liste sans aucun signe distinctif. Je leur ai proposé de mettre un R ou un autre sigle pour pouvoir identifier les produits en cours de retrait. Cela me semble tellement plus simple. Mes excuses aux personnes qui n’on pas pu se procurer ces produits.
Bon mois de mai à toutes et à tous.
Pierre-Alain

Le bon geste d’avril 2026

 

 

 

 

Bonjour à toutes et à tous,

 

En avril ne te découvre pas d’un fil. En ce premier jour d’avril, l’adage se confirme !

 

Mais pour certains, la récolte s’est déjà jouée la semaine dernière, principalement pour les abricotiers et les pêchers.

 

La sensibilité des arbres diffère en fonction de l’espèce, de la variété et du stade phénologique (stades de végétation). En plein hiver, les arbres résistent sans problème à des températures de -18° à -20°. Au stade de boutons le pommier et le poirier résistent à des températures de –4,5°, pour les fruits à noyaux -4°. En pleine floraison, le pommier et le poirier résistent à -3°, -2° pour l’abricotier, – 3,5° pour le pêcher et même -4° pour le cerisier. C’est au moment de la nouaison (lorsque le tout jeune fruit se forme et qu’il doit rester attaché à l’arbre) que les arbres sont les plus sensibles. 0° pour l’abricotier, -2° pour le pommier, -1° pour les autres espèces.

 

Pour les professionnels divers moyens de lutte sont disponibles, mais très souvent, leurs conditions de mise en œuvre sont spécifiques ou demandent des infrastructures importantes et surtout, leur coût de mise en œuvre, peut s’élever à plusieurs milliers de francs à l’hectare pour une seule nuit de lutte.

 

La lutte par aspersion : Dès que la température est à 0° (pas avant, car l’eau qui s’évapore prend des calories à la plante), on déclenche l’arrosage au-dessus des arbres. Il faut bien sûr disposer d’une telle installation, de beaucoup d’eau et d’un sol drainant. Ce qui est le cas dans la vallée du Rhône. L’eau en gelant va dégager 80 calories par gramme, ce qui va ‘’réchauffer’’ les organes floraux. Une fois le manchon de glace installé, la température reste stable sous ‘’ce manteau de glace’’. L’arrosage ne pourra être arrêté que lorsque les températures seront à nouveau quelques degrés au-dessus de zéro, afin de compenser la perte de calories engendrée par la fonte de la glace. La mise en place de cette mesure va durer quelques heures.

 

La lutte à l’aide de chaufferettes : Cette lutte ne peut avoir lieu que par vent faible. Elle consiste à allumer des bougies de paraffine ou des bidons remplis de pellets. Cette méthode permet de réchauffer l’air. Ces petits récipients doivent être installés au maximum à 10 m les uns des autres. Ils doivent être plus proches si le froid est plus intense.

 

La couverture par la fumée : Nécessite aussi l’absence de vent. Au lever du jour, on crée un écran protecteur à l’aide de bottes de paille humides, réparties dans la culture, auxquelles on a mis le feu. La réduction de la perte par rayonnement de la chaleur du sol dans l’atmosphère permet de gagner jusqu’à 1°. Cette méthode libère une grande quantité de particules fines dans l’atmosphère.

 

Le brassage de l’air : L’air froid plus dense se trouve près du sol. L’air chaud étant moins dense, il se retrouve en hauteur. Cette technique consiste à diriger vers le sol, à l’aide de gros ventilateurs ou de petites d’éoliennes cet air ‘’chaud’,’ que l’on va chercher à quelques mètres du sol. Cette technique brasse les masses d’air et plaque de l’air plus chaud au sol. Les gaz d’échappement et la chaleur dispensées par les générateurs diesel faisant fonctionner ces installations peuvent aussi être dirigés dans le flux d’air pour contribuer à son réchauffement. La même technique peut être effectuée par un hélicoptère volant à environ 20 m du sol qui effectue des passages toutes les 6 à 7 minutes. Cette dernière technique demande de pilotes chevronnés, car voler à une altitude si basse au lever du jour demande de très bonnes aptitudes de pilotage et l’absence d’obstacles !

 

Le mur d’air chaud : Une ancienne station d’essais phytosanitaires au pied de la Dôle est équipée d’un système de buses-brûleurs alimentés par le gaz. Les buses sont disposées dans un grand caniveau qui surplombe l’ensemble des cultures. Lorsque qu’une masse d’air froid descend du Jura, le système peut être enclenché. La masse d’air froid en se déplaçant traverse ce mur d’air chaud ce qui la réchauffe.

 

Comme vous pouvez le constater, ces techniques ne sont pas évidentes à mettre en œuvre chez l’amateur. Certaines années, comme pour certains producteurs, il ne vous restera malheureusement, que les yeux pour pleurer.

 

Malgré cela, restons positifs, je vous souhaite à toutes et tous, un bon mois d’avril.

 

Pierre-Alain