Décembre 2025
Bonjour à toutes et à tous.
Ce bon geste pourrait vous indiquer que vous pouvez débuter la taille des fruitiers à pépins, mais aussi celle des pruniers. Ou encore vous conseiller de tester votre échelle et de bien aiguiser votre matériel de taille.
Et bien non !
Pour cette dernière rubrique de l’année, je vais vous emmener sur des chemins un peu plus poétiques.Connaissez-vous Gilles Clément, un architecte paysagiste français qui a redonné aux jardins, au début des années 1990, un aspect plus sauvage. Gilles Clément n’est pas seulement une star de l’architecture des jardins, c’est aussi un entomologiste hors pair, un fabuleux compteur d’histoires et surtout un écrivain prolifique et merveilleux à lire. Sa notoriété lui permet des divagations que d’autres ne pourraient se permettre. Je pense à son livre, paru en avril 2021, sur la restauration de la cathédrale Notre-Dame intitulé tout simplement : Notre-Dame-des-Plantes. Il y défend le postulat que vu la disparition de la charpente, une simple verrière pourrait faire l’affaire et l’intérieur de la cathédrale devenir une gigantesque serre où seraient cultivées des plantes en relation avec la bible, les murs extérieurs seraient recouverts de vignes permettant la production de vin de messe…
Mais ce n’est pas encore sur ce chemin que je désire vous emmener. Mais, sur celui d’un autre de ses livres intitulé : Une brève Histoire du Jardin. Edité en 2011 et réédité en 2020, cet ouvrage contient un magnifique texte qui nous apporte un regard sur l’importance des cultures vivrières, et des arbres fruitiers et sur la civilisation qui nous a façonné.
‘’Le premier jardin est celui de l’homme ayant choisi de faire cesser l’errance. Il n’y a pas d’époque pour cette étape dans la vie d’un homme ou d’une société.
Le premier jardin est vivrier. Le jardin potager est le premier jardin. Il est intemporel car non seulement il fonde l’histoire des jardins, mais la traverse et la marque profondément dans toutes ses périodes.
Le premier jardin est un enclos. Il convient de protéger le bien le plus précieux du jardin ; les légumes, les fruits, puis les fleurs, les animaux, l’art de vivre, ce qui, au fil du temps, ne cessera d’apparaître comme ‘’le meilleur’’. C’est la façon d’interpréter le meilleur qui, en fonction des modèles de civilisation, va déterminer le style des jardins. La notion de meilleur, de bien précieux, ne cesse d’évoluer. La scénographie destinée à valoriser le meilleur s’adapte au changement des fondamentaux du jardin, mais le principe du jardin demeure constant : s’approcher le plus possible du paradis.’’
C’est sur ces quelques lignes que s’achève, pour cette année, mes chroniques.
Je vous souhaite à toutes et à tous de merveilleuses fêtes de fin d’année et vous donne rendez-vous l’année prochaine.
Pierre-Alain
