La Poire Curé

Hommage à la Poire Curé

En cette année 2010 il convient de rendre hommage à cette brave poire qui fête, en toute discrétion, son 250ème anniversaire. Bien sûr on ne doit plus en planter beaucoup de nos jours mais on se rappellera qu’elle a connu au 19ème siècle une longue période de gloire et qu’on la trouve encore régulièrement dans nos campagnes, près des fermes.

Son histoire est intéressante à plus d’un titre. Elle fut trouvée en 1760 par un curé, du nom de Leroy, dans les bois près de son presbytère en Indre. Il s’agit donc d’un semis de hasard, tout comme plus tard la célèbre pomme n° 1, la Golden Delicious, ou le bigarreau aussi n° 1 de sa catégorie, le Burlat. C’est comme si la Nature faisait un pied de nez aux hybrideurs professionnels !

Elle doit son succès aux qualités suivantes : l’arbre est vigoureux, supporte bien la sécheresse et les sols plutôt pauvres ; la production est régulière et dans l’ensemble généreuse ; la maturité des fruits est tardive, ce qui était et est encore peu courant chez les poires. En effet, on cueille les poires Curé en septembre, avant maturité et il faut les garder jusqu’à fin décembre dans une cave simple pour les utiliser. On en fait des tartes, en râpant la chair, ou des conserves en bocaux, voire même des fruits de dessert à l’état cru.

La poire se présente sous une forme allongée, de bonnes dimensions, de couleur verte avec une raie brune de la queue à l’œil. Ce caractère ne se trouve toutefois que sur 15-20 % des fruits.

De sa terre natale, la Poire Curé (dite aussi Poire du Curé, Curette de Clion et Pastorenbirne en Suisse allemande) s’est répandue dans tous les pays voisins de la France. Chez nous, elle a été signalée en 1898 sur le marché de Lausanne. Dans le bulletin de la Société Vaudoise d’Agriculture n° 122, E. Bugnon préconise de l’utiliser pour surgreffer les poiriers à blessons.

InfoPomo No 24 – 2010                                                         Roger CORBAZ

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