November 2010

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Anticancer

Dans son livre à succès, intitulé « Anticancer », David Servan-Schreiber décrit des méthodes naturelles de soins qui contribuent à prévenir le développement du cancer ou à favoriser son traitement en accompagnement des approches conventionnelles (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie). Il ne permet ni de faire un diagnostic, ni de recommander un traitement.
    
L’auteur, médecin, commence ainsi son livre, une seconde édition entièrement revue et augmentée, parue aux éditions Robert Laffont en 2007. Il connaît bien le domaine car chercheur en médecine, il se découvre par hasard porteur d’une tumeur au cerveau à l’âge de 31 ans, puis provisoirement guéri, mais avec une rechute quelque 3 ans plus tard. Il est naturellement porté, 17 ans après, à analyser les différents facteurs susceptibles de modifier l’évolution de cette terrible maladie, en particulier le rôle de l’alimentation.
   
 Actuellement de très nombreuses recherches s’effectuent en laboratoire sur de jeunes tumeurs cancéreuses, in vitro ou sur des souris. Pour les cancers les plus répandus (du sein chez les femmes, de la prostate chez les hommes) les analyses statistiques peuvent mettre en évidence l’influence de facteurs particuliers, p. ex. celui de l’environnement.
   
 Pour l’alimentation, les mesures préconisées ne sont pas révolutionnaires. Pour les boissons p. ex. sont recommandés : le thé vert (de préférence d’origine japonaise), l’eau claire, le vin rouge (modérément, soit 1 verre par jour).
   
 Parmi les légumes, les différents choux (brocoli, chou-fleur, choux de Bruxelles), les légumes riches en carotène (carotte, courge, tomate).

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 Les fruits à noyau : surtout les prunes, les cerises aussi et les abricots, ainsi que les kakis. On est étonné de ne pas y trouver les fruits à pépins, ni les pommes, ni les poires. Par contre, les noix sont mentionnées, à cause de la forte proportion d’Oméga-3. D’ailleurs le rapport Oméga-3/Oméga-6 paraît très important dans les produits laitiers.
 
Dans les lipides, l’huile d’olive est en tête suivie par celle de lin, alors que l’huile de tournesol n’est pas recommandée.

Parmi les épices, la curcumine (un des éléments du curry) est largement en tête, devant la menthe, le thym, la marjolaine (des labiées) et la famille des oignons (échalote, poireau, etc.)

Pour davantage de conseils, on peut consulter le livre du même auteur « Les réflexes anticancer au quotidien », toujours chez Laffont.

Roger CORBAZ

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Un frelon envahisseur se manifeste en France

Daniel Cherix *   &   Jean-Paul Cochard **
* Musée cantonal de zoologie et Département d’écologie et évolution, Université de Lausanne.
** Président d’honneur FSSA/VSBV  Fédération Suisse des Sociétés d’Apiculture.

C’est en 2006 que le Bulletin de la Société entomologique de France publiait une note de MM J. Haxaire,  J.-P. Bouguet et J.-Ph. Tamisier signalant la présence en France d’une redoutable nouveauté : le frelon asiatique Vespa velutina Lepeletier 1836. Cette note était suivie peu après d’un nouvel article intitulé << Premier bilan de l’invasion de Vespa velutina Lepeletier en France>>  (Hymenoptera, Formicidae) (Villemant et al. 2006).  Présente habituellement du nord de l’Inde à la Chine, de la péninsule indochinoise à l’archipel indonésien, cette espèce est considérée en Chine et au Cachemire (sous-continent indien)  comme un redoutable ennemi des ruchers.  En effet ce frelon peut détruire jusqu’à 30 % d’une colonie de l’abeille asiatique Apis cerana.  Le frelon s’attaque aux gardiennes de la ruche avant de s’attaquer au couvain qu’elles utilisent pour nourrir leurs propres larves. Pour répondre à ces prédateurs (plusieurs espèces de frelons), les ouvrières d’Apis cerana ont mis au point une stratégie relativement effïcace que les chercheurs ont appelé le  ’’heat-balling’’ (Ken et al. 2005).  Les ouvrières s’agglutinent autour du prédateur en formant une boule compacte et font vibrer leurs ailes, ce qui a pour effet de faire monter la température. Au bout de 5 minutes le centre de la boule atteint 45oC, température létale pour le frelon, mais pas pour les abeilles.  Bien que cette stratégie soit très efficace, à terme les colonies s’affaiblissent car le temps passé à l’approvisionnement diminue. Apis mellifera (notre abeille européenne), qui est aussi élevée en Asie depuis quelques décennies utilise la même stratégie, mais il semble que cela soit moins efficace que pour l’espèce asiatique, les boules contenant moins d’individus. On peut dès lors imaginer que la présence de cette nouvelle espèce de frelon en France puisse occasionner des dégâts importants aux ruchers et il convient d’être attentif à l’extension de cette espèce.

Ce frelon est un peu plus petit que le frelon ou talène que l’on rencontre chez nous  (Vespa crabro).  Il se reconnaît tout de suite par sa coloration plus sombre, la réduction des plages jaunes sur son abdomen et ses ailes fumées. Le meilleur critère est une fine ligne jaune qui sépare les deux premiers segments abdominaux.

Cette espèce construit des nids généralement sphériques pouvant atteindre une hauteur d’un mètre avec une circonférence de plus de deux mètres.  Les nids peuvent se trouver sur de grands arbres parfois à plus de 15 m de hauteur mais aussi dans des habitations ouvertes comme les hangars ou les granges. Il a été observé 10 à 12 nids distants de quelques mètres les uns des autres et sur trois arbres différents. Une période de quatre à cinq mois leur suffit pour se multiplier.  L’instant critique se situe aux mois de juillet-août , au moment où les reines avec quelques ouvrières frelons vont se réfugier dans des abris où elles pourront hiverner.  Le printemps suivant, le cycle reprends de plus belle.

Plusieurs choses sont inquiétantes : sa vitesse de reproduction relativement importante, la propagation sur de grandes distances, d’où un envahissement rapide du territoire.  Suivant les informations des personnes qui ont approché des nids, cette espèce ne semble pas plus belliqueuse que notre frelon et il est souvent possible d’observer des nids à une distance de 4 à 5 m sans attaque.  A première vue la piqûre ressemble à celle d’une guêpe, mais les personnes allergiques aux venins d’Hyménoptères devraient être prudentes.
Vespa velutina est une espèce prédatrice d’abeille. Les ouvrières attendent en vol stationnaire devant les ruches. Elles se précipitent sur les butineuses qui arrivent à la ruche, les neutralisent et les emportent vers leur nid. Durant ce vol stationnaire il est assez facile de capturer les frelons (un voile d’apiculteur est toutefois recommandé). Des apiculteurs ont observé que des frelons s’introduisent dans la ruche pour se nourrir de larves, pollen et abeilles, c’est-à-dire tout ce qui peut leur procurer des protéines de qualité.

Si la première capture avec identification date effectivement du 1er novembre 2005, les données transmises par le Service régional de la protection des végétaux d’Aquitaine suggèrent que l’introduction de Vespa velutina en France est antérieure à 2004. Un producteur de bonzaïs de Sainte-Livrade-sur-Lot aurait vu voler des frelons de couleur brune dès l’été 2004. II revenait d’un voyage en Chine où il avait aperçu cette espèce. De plus il a découvert deux nids sphériques dans des arbres de son voisinage en automne 2004, nids qu’il aurait détruit à coups de fusil !  L’année suivante il a revu cette espèce et en 2006 il a récolté un individu pour identification.  Il s’agissait bien de Vespa velutina. Suivant les informations recueillies, ce frelon asiatique aurait pu être introduit dans les cartons de poteries chinoises que ce producteur importe régulièrement de Chine depuis plusieurs années. Le trajet en bateau ne dépassant pas un mois, la survie de femelles fécondées cachées dans ces cartons est envisageable, lors d’envois au cours de la période hivernale. D’autres données ont été recueillies et en 2006   V. velutina était déjà largement répandue dans quatre départements << d’Aquitaine et à leur périphérie >> de bordure Atlantique.  En 2007, son aire de distribution s’étendait sur près de 300 km du nord au sud et 150 km d’est en ouest, soit une superficie de quelque 45’000 km2, en gros la superficie de la Suisse !
En automne 2009, ce frelon asiatique avait colonisé 20 départements, et il se trouve actuellement en Bourgogne !

Il est important de savoir que l’augmentation, à première vue assez rapide, de la présence de cette espèce dans le sud-ouest de la France semble caractéristique d’une espèce invasive (insecte exotique).  Il  convient donc de suivre avec attention ses déplacements. On sait que les espèces invasives sont très difficiles à contrôler, car elles ne possèdent pas de prédateurs spécialisés dans leur nouvelle aire de distribution et d’autre part, elles sont parfois peu porteuses de maladies et résistent beaucoup mieux aux parasites et maladies des espèces indigènes. On ne peut pour l’instant pas mesurer l’impact d’une telle espèce sur la faune locale, mais il est probable  qu’elle va entrer directement en compétition avec les autres espèces de guêpes sociales et risque d’avoir un impact au niveau de la prédation sur les abeilles et indirectement sur la pollinisation, principalement des arbres fruitiers. Cette prolifération en France en dans le futur en Suisse risque fort de mettre en danger la biodiversité végétale et animale. 

Il convient de rendre nos autorités attentives aux possibles conséquences de l’arrivée de cette espèce en Suisse et de lui attribuer tout de suite la dénomination d’invasive et de mettre en place les moyens nécessaires à son éradication (si possible ou en tout cas à son contrôle.)

Littérature

Haxaire J.,  Bouguet J.-P. & Tamisier J.-Ph.  2006. Vespa velutina Lepeletier, 1836, une redoutable nouveauté pour la faune de France {Hymenoptera, Vespidae).  Bulletin de la Société entomologique de France 111(2) : 194.

Ken T.,  Hepburn H. R.,  Radloff S. E.,  Yusheng Y.,  Yiqiu L.,  Danyin Z. & Neumann P.  2005.  Heat-balling wasps by honeybees. Naturwissenschaften 92 : 492-495.

Saunier R.  2007. Chasseurs de nids … Lutte contre la prolifération de <<Vespa velutina>>.
Abeilles et fleurs 680:20-21,  dont les photos agrémentant cet article ont été mises gracieusement à notre disposition.

Villemant C.,  Haxaire J. & Streito J.-C.  2006.  Premier bilan de l’invasion de Vespa velutina Lepeletier en France (Hymenoptera, Formicidae). Bulletin de la Société entomologique de France 111(4) : 535-538.

Les dernières nouvelles et photos sur internet :

http://www.unaf-apiculture.info/presse/DOSSIER_PRESSE_FRELON_ASIATIQUE.pdf

http://www.centres-antipoison.net/CCTV/Rapport_CCTV_Vespa_velutina_2009.pdf

http://insectesbatisseurs.univ-tours.fr/frelon_asiatique.htm

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InfoPomo No 24  –  septembre 2010

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D’ornement mais aussi fruitier : l’olivier de Bohême

Comme je désirais entourer notre maison de parfum naturel, j’ai recherché un arbuste qui fleurisse en automne. Mon choix s’est finalement porté sur Elaeagnus pungens. Cet arbuste à feuilles persistantes, dont la face supérieure est d’un beau vert brillant et la face inférieure grise à blanchâtre, (bien qu’actuellement on plante de préférence les types panachés soit à feuilles vertes bordées de jaune) s’est révélé très vigoureux. En octobre de petites fleurs blanches, sous forme de clochettes, apparaissent à l’aisselle des feuilles. Vu leurs dimensions, elles n’attirent guère le regard, par contre le parfum fort et pénétrant, doucereux, titille à coup sûr les narines. La floraison s’étale jusqu’aux premiers gels, soit vers fin novembre au plus tard.
 
Durant l’hiver les corolles tombent au sol et petit à petit le contour du futur fruit se dessine, mais la croissance s’accélère au printemps pour devenir un genre d’olive étroite. Vers la fin mai, les fruits rougissent et atteignent leur maturité, attirant merles et autres oiseaux, tout heureux de goûter si tôt les premiers fruits de la saison.
    
En fait, un gros noyau très dur occupe le centre du fruit. Il est enrobé d’une couche peu épaisse de chair rougeâtre, plutôt fibreuse mais doucereuse, donc mangeable.
    
Après diverses recherches pour savoir si ces fruits ne cachaient pas quelque toxicité malvenue, on s’est décidé d’en faire de la confiture.
    
A vrai dire c’est laborieux ; il faut les cuire dans de l’eau environ 5 minutes, puis les passer dans un tamis (une passoire à mailles pas trop fines) pour éliminer les noyaux. La masse rougeâtre est ensuite cuite à petit feu, avec du sucre de canne et, si nécessaire, un sachet de produit gélifiant. La confiture a un goût particulier, agréable et peu prononcé. Elle pourrait remplacer peut-être celle des cornouilles, l’acidité en moins, ou des cynorhodons, les graines poilues en moins.
    
L’olivier de Bohême ne demande aucun soin particulier ; il supporte aisément les gels hivernaux, préfère la mi-ombre et le sec. De temps à autre il faut rabattre ses longues branches arquées qui s’étendent toujours plus loin. Attention, certaines espèces fleurissent au printemps.

Roger CORBAZ

Hommage à la Poire Curé

En cette année 2010 il convient de rendre hommage à cette brave poire qui fête, en toute discrétion, son 250ème anniversaire. Bien sûr on ne doit plus en planter beaucoup de nos jours mais on se rappellera qu’elle a connu au 19ème siècle une longue période de gloire et qu’on la trouve encore régulièrement dans nos campagnes, près des fermes.

Son histoire est intéressante à plus d’un titre. Elle fut trouvée en 1760 par un curé, du nom de Leroy, dans les bois près de son presbytère en Indre. Il s’agit donc d’un semis de hasard, tout comme plus tard la célèbre pomme n° 1, la Golden Delicious, ou le bigarreau aussi n° 1 de sa catégorie, le Burlat. C’est comme si la Nature faisait un pied de nez aux hybrideurs professionnels !

Elle doit son succès aux qualités suivantes : l’arbre est vigoureux, supporte bien la sécheresse et les sols plutôt pauvres ; la production est régulière et dans l’ensemble généreuse ; la maturité des fruits est tardive, ce qui était et est encore peu courant chez les poires. En effet, on cueille les poires Curé en septembre, avant maturité et il faut les garder jusqu’à fin décembre dans une cave simple pour les utiliser. On en fait des tartes, en râpant la chair, ou des conserves en bocaux, voire même des fruits de dessert à l’état cru.

La poire se présente sous une forme allongée, de bonnes dimensions, de couleur verte avec une raie brune de la queue à l’œil. Ce caractère ne se trouve toutefois que sur 15-20 % des fruits.

De sa terre natale, la Poire Curé (dite aussi Poire du Curé, Curette de Clion et Pastorenbirne en Suisse allemande) s’est répandue dans tous les pays voisins de la France. Chez nous, elle a été signalée en 1898 sur le marché de Lausanne. Dans le bulletin de la Société Vaudoise d’Agriculture n° 122, E. Bugnon préconise de l’utiliser pour surgreffer les poiriers à blessons.

InfoPomo No 24 – 2010                                                         Roger CORBAZ

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septembre 2010

Depuis plusieurs années, des chercheurs, des amoureux du passé, des curieux investissent beaucoup de leur temps à rechercher et sauvegarder d’anciennes variétés de fruits et légumes. Abandonnées par les professionnels depuis souvent très longtemps, des variétés de pommes, poires, cerises et autres fruits de l’arboriculture locale reviennent sur le marché et y côtoient  les nouveaux fruits développés par les stations d’arboriculture et les spécialistes. Des paysans qui n’avaient pas abattu leurs arbres fruitiers devenus obsolètes se retrouvent aujourd’hui sur les marchés locaux avec les fruits dont parlaient au passé les historiens de la pomologie et dont nos grands-mères concoctaient de si bonnes tartes. Cela nous semble très réjouissant dans la mesure où l’on élargit la palette de fruits offerts au public. Comme les diététiciens nous proposent de manger au moins trois fruits frais par jour, nous pourrons à l’avenir éviter de déguster uniquement les sempiternelles Golden et leurs descendantes et ainsi varier le menu.

     Plus nouveau  encore, c’est l’envie des jeunes propriétaires de villas de planter d’anciennes variétés. Récemment, un article paru dans un journal vert faisait état de la possibilité d’acquérir des cerisiers greffés de la variété « Noire de Montreux ». La demande pour ce superbe fruit a dépassé les possibilités du greffeur. L’intérêt de ces variétés anciennes réside dans la diversification de l’offre mais aussi dans les traitements. Ces derniers sont limités au maximum et même dans certains cas, on les évitera. Plus de pesticides ? Ouf !

     Pour ceux qui souhaitent se renseigner sur les très nombreuses variétés pouvant se développer sous nos cieux, l’on rappellera que l’Arboretum National d’Aubonne présente une section arboricole d’un grand intérêt. Les arbres plantés ont tous un nom de famille, voire un surnom. On peut se faire une idée du volume de l’arbre quand il atteint sa taille majeure, de son esthétique et bien sûr du fruit. Le déplacement en vaut la peine.
     Finalement, on constate encore une fois que rien n’est définitif, que la roue tourne et qu’il ne faut jamais dire fontaine… je ne boirai pas de ton eau. En attendant, bonne récolte à tous.

Bernard KNOBL

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