January 2008

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Un verger communal va reprendre vie à Cossonay

Dans le cadre d’un projet de revitalisation écologique de terres agricoles, la commune de Cossonay a prévu
de planter un verger haute tige de variétés locales menacées de disparition. Le pépiniériste C. Tissot, de
Cossonay, a préparé des arbres avec des greffons recueillis à l’Arboretum d’Aubonne.

Au cours de l’automne 2006, une première plantation a été réalisée grâce à l’aide de membres du Rotary club.
Ce sont au total 20 arbres qui ont été mis à demeure, comprenant des pommiers, des pruniers et des cerisiers.

L’opération sera répétée les années suivantes et finalement quelques variétés fruitières formeront une
collection intéressante tant sur les plans pédagogique, protection de la diversité biologique qu’esthétique.

L’auteur du projet est Bernard Dufour, bureau Bio-Eco, à Cossonay et le suivi des plantations et du verger
est assumé par le pépiniériste sus-mentionné.

On souhaite prospérité et longue vie à ce projet.

                                                  Roger CORBAZ    

– – Informations provenant de notre journal INFOPOMO No 20, page 2.

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La merveilleuse conférence sur les anciennes variétés fruitières de Suisse romande:

 qui a eu lieu au château de Chamblon s/Yverdon le samedi 29 novembre 2008

" Des siècles et des fruits, ici en Suisse romande"

par Bernard Vauthier 

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La belosse et la belouche : – des prunes gauloises ?

Le mot « prune », issu du latin,  n’a pas éliminé son antécédent gaulois qui, sous la forme bulluca, apparaît par écrit vers 640 dans une « Vie de Saint Colomban ». Saint Colomban, compagnon de Saint Ursanne exilé dans le « désert » vosgien, aurait survécu grâce à ce fruit avant de fonder l’abbaye de Luxeuil, maison mère de Moutier-Grandval. 

Actuellement, les appellations « belosse » et « belouche », ainsi que leurs variantes, appartiennent respectivement à l’espace franco-provençal (jusqu’au val d’Aoste) et à l’est de la France. Elles désignent la prunelle (sauvage) et des prunes de caractère archaïque (fertilité élevée, forme ronde, chair adhérant au noyau, peau acide, couleur bleu-noir ou jaune-vert, arbre élancé…).

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.             Bloûche (Coeuve)                             Patouse (Courtemautruy)
         Beloutche (Damprichard)                         Vètchatte (Chevenez)

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Quand la religion s’en mêle

 
Jadis, la pomme de terre est inconnue. Avec la noix, la poire est le fruit dominant dans les Alpes et en Suisse. Elle est séchée entière après cuisson à sec au four. A la Réformation, certaines paroisses catholiques limitrophes de cantons devenus protestants échangent leurs statues d’église contre des séchons de poire.

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La piéta de Vuissens provient de Saint-Cierges. Elle est
échangée en 1536 contre cinq mesures de poires sèches.

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Le retable des apôtres de Franex provient de Combremont, échangé contre deux sacs de « sécherons » et la garantie de le récupérer si Combremont retournait à la « vraie foi ».

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La statue de Saint-Jean de Montbrelloz provient de
Chevroux. Jetée au lac, elle est retrouvée par des pêcheurs
qui la déposent dans leur église paroissiale. L’affaire est
réglée par un cadeau de deux bacons et deux sacs de « sé-
cherons ». Le surnom de Tsètserons est demeuré aux
habitants de Montbrelloz.

A Promasens, une statue neuve de Saint Théodule provenant de Lutry est échangée contre quatre mesures de poires sèches à condition que, si Lutry retournait au catholicisme, Saint Théodule « serait rendu en bon état à la première réquisition contre la même quantité de poires sèches ou, à défaut, contre deux setiers de vin ». Mais Saint Théodule a disparu et c’est le grand crucifix dominant la nef qui témoigne actuellement de cette anecdote, à savoir que, jeté au lac et ramené par les flots sur la rive par deux fois, il fut troqué contre deux quarterons de poires sèches, sous réserve de restitution…

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Une relique médiévale : la poire San-Règle

 Une poire de Sanctus Regulus est mentionnée au XIIe siècle en Normandie. Au siècle suivant, la poire « de Saint Rieul » est la plus fréquemment vendue à Paris. On écrit Regelsbirn en 1331 en Autriche. En Suisse romande, une mesure de poires de Senreglos apparaît dans le prix de vente d’une maison en 1323 à Savièse et le comte de Neuchâtel instaure des redevances en poires Sanriegles durant la disette de 1345 et la grande peste de 1350.

 
 Les derniers arbres sont cultivés à la fois en région de plaine catholique francophone (Estavayer) et en région alpine protestante germanophone (lac de Brienz). On peut en conclure que non seulement l’appellation mais également le végétal nous sont parvenus intacts.

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Sarègle (Autavaux)

Regelbirne (Iseltwald)

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La plus ancienne pomme douce

 

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Barbeine (Isérables)


Les pommes de souche indigène sont acides. Les pommes douces sont donc d’origine étrangère. La pomme valaisanne Barbeine est complètement fade. Dans un manuscrit de 1420 conservé à Sion, Maître Chiquart, cuisinier du duc de Savoie, mentionne une pome Barberine dont il confectionne une purée au lait d’amandes douces sucrée et salée. Etymologiquement, ces mots se rapportent à la « Barbarie », ancien nom du Maghreb et des contrées non romanisées de l’Est. La forme « Barbeine » est imputable à la transformation du second « r » en « l » puis à la disparition de cette lettre.
Naguère en Valais, le fruit ainsi désigné est incorporé entier à la potée où il rejoint la viande, le chou et les pommes de terre. Il est également cuit au four entier et sans ingrédients, sous forme de « papette » qu’on emporte aux champs.

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Exquise et mignonne, la pomme Court-Pendu

L’appellation Capendu ou Carpendu apparaît au XVe siècle en Normandie. Elle a peut-être une origine géographique puisqu’il existe quatre localités homonymes. Sous le nom de Carpendu, on cultive dès  le XVIe siècle en Suisse romande une petite pomme couleur rubis qui se conserve parfaitement, enfouie dans le regain. En 1607 à Auvernier, elle est mentionnée lors d’un repas de noces au mois de juin. Plus récemment, une fois lustrée, elle servait à garnir les cornets de la Saint-Nicolas. Dès la fin du XIXe
siècle, avec l’apparition des sapins de Noël, elle était suspendue aux branches. On dit plus souvent Court-Pendu actuellement. C’est un excellent fruit à croquer mais qui n’est plus multiplié à cause de sa petitesse.
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Courpendu en 1748 et Court-Pendu (Bôle)

Fugaces et minuscules, les poires Sept-en-Gueule

La précoce…
 

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Sept en Gueule en 1751 et Sept-en-Gueule (Concise)

Son arbre énorme, disséminé sur le Plateau romand, procure de l’ombre aux travailleurs des champs, ainsi que des fruits vers la fin de juillet. Peinte en 1751 identique à ce qu’elle est demeurée, mais n’ayant aucune valeur économique, elle n’a laissé d’empreinte historique qu’en toponymie (Satenboche ou Satengoula dès le XIVe siècle) et en patronymie (une famille Satengoulaz au XVIIe siècle).

… et la tardive
 

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Mocatelet (Ayent)


Le synonyme universel de Sept-en-Gueule est Petit Muscat… Cela vaut également pour le Valais où Sept-en-Gorge (« gorge » = bouche) est synonyme de Mocatelet (diminutif de Muscat). Le fruit ainsi nommé mûrit à la fin d’octobre. On en couvrait la sole des fours à pain chauffés spécialement puis on achevait la déshydratation à l’air.

Les croisons et consorts, des pommes gauloises ?

La pomme sauvage, petite et acide, possède un éventail de noms qui révèlent l’importance d’un ancrage millénaire.
 Le plus récent et ses variantes se rapportent à la disposition des fruits en bouquets : « botset », « botsache », « botsèrin » (Chablais, Fribourg, Valais…) ; « buchin », « beutchin » (Doubs, Neuchâtel, Jura).
 
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Meillhuis de la vallée du Grand-Saint-Bernard
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Le deuxième dérive du latin : « mele », « meloué »,  « merloué », « meillhui » (Gruyère, Valais).
Le troisième est mystérieux et confiné : « logey »,  « lodzë », « odzë » (Valais).
 

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Croison (Plan-les-Ouates), Creusson (Daviaz),
Créson Reinet (Lugrin) et Créson blanc (Larringes)

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Le dernier est issu d’une racine gauloise signifiant dur : « croison », « creusson », « créson », «cresson » (Bassin lémanique, Savoie…). Avec ou sans qualificatif, il désigne également des variétés greffées.

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Les vignes conservent la Poire Rêche

Depuis que le vignoble s’uniformise, les arbres fruitiers disparaissent. En Valais toutefois, pays gratifié d’un soleil ardent, on tolère davantage pruniers, pêchers, figuiers et poiriers, en particulier le poirier Rêche dont les fruits servent à « fortifier le vin trop léger ». En 1260, c’est dans une vigne qu’un poirier Reschoz est réservé lors d’une vente à Ollon (Chablais vaudois). Actuellement, les derniers arbres se trouvent en plein vignoble à Fully et Leytron. Personne ne récolte plus leurs fruits pour faire du vin à usage domestique ou, comme on le faisait de la pomme sauvage, pour en mélanger la pulpe à de la farine de seigle et confectionner, sans autre ingrédient, des galettes appelées cougnous qui, une fois cuites, étaient séchées en prévision du labourage des vignes en carême.
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Poire Rêche (Leytron et Riddes)

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—————- Fin de l’admirable conférence de notre membre et ami Bernard Vauthier ————————

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Assemblée générale annuelle:

 au château de Chamblon, situé dans la partie Ouest de l’hôpital de Chamblon s/Yverdon.

  SAMEDI  29 novembre 2008

Nous vous attendons tous à 14:00 h pour prendre connaissance de nos activités 2009, élire un Président et renouveler le comité, puis assister à une merveilleuse conférence sur les anciennes variétés fruitières de Suisse romande:

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" Des siècles et des fruits, ici en Suisse romande"

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par Bernard Vauthier, auteur du (futur) livre:

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Les fruits de Suisse romande, patrimoine vivant

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 Accès recommandé au château de Chamblon:

 1 km après la sortie d’Yverdon-les-Bains, direction Orbe, prendre la route de Chamblon, et aller jusqu’au centre du village (ne pas tourner à droite pour Hôpital).  En face de la chapelle qui domine la colline, tourner à droite, passer sous le portique pour entrer dans la cours du château, et parquer 50 m plus loin, à gauche dans le grand parking en contre-bas.  La salle de conférence se trouve à droite dans le bâtiment principal du château.

C’est en 1762 que le baron de Brackel transforma radicalement et agrandi ce château gothique. C’est, selon l’historien Ric Berger, l’une des plus belles demeures construites au XVIII ème siècle en Pays de Vaud.

Le baron de Brackel était originaire de Courlande, ancienne région de la Lettonie, à l’ouest du golfe de Riga.

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Autres Nouvelles  (News)

les détails concernant  l’année phénologique  sont disponibles dans notre chapitre Météo, et sont régulièrement mis à jour par ‘Météo Suisse’ – Office fédéral de météorologie et de climatologie.

Pour vous allécher, voici le tout premier communiqué de l’année 2008:

<< L’année phénologique 2008 a commencé >>

Actualisée le 08.01.2008, 11.10

<< La première phase phénologique de l’année qui sera observée dans notre programme est la floraison du noisetier. Aucune annonce n’est encore parvenue de nos stations d’observation nous prévenant que le noisetier est en train de fleurir. Mais, si la persistance d’un temps doux demeure, ce n’est pas exclus que dans les endroits ensoleillés, la floraison du noisetier puisse être observée ces prochains jours ou ces prochaines semaines.
La floraison du noisetier en janvier n’est pas si rare qu’on le pense. On peut choisir comme référence la station d’observation de Liestal (350m d’altitude). Dans cette station où les observations phénologiques ont été effectuées depuis 1951, 11 fois les noisetiers avaient déjà fleuri en janvier. Ce fut le cas des années 1956, 1960, 1962, 1967, 1975, 1988, 1989, 1993, 1994, 1999 et 2007.
copy rights Office fédéral de météorologie et de climatologie. >>
 

Un nouveau livre

Les membres de la « Pomo » connaissent bien le travail de votre ex-président,

un travail devenu une passion et une occupation presque à plein temps depuis

sa retraite, à savoir la sauvegarde des anciennes variétés fruitières locales.

Après la phase consacrée à détecter, à rassembler et à planter en collection

à l’Arboretum d’Aubonne, est venue la phase de décrire ces variétés car le plus

souvent il s’agit de variétés très limitées dans leur extension, mentionnées ici

et là mais non vraiment décrites.

Après plusieurs années d’observation, tant sur le plan de la morphologie des fruits,

des fleurs, des noyaux pour les cerises et les prunes, du développement de l’arbre

haute tige, que sur le comportement vis-à-vis des principales maladies

(tavelure pour les pommiers, maladie criblée pour les cerisiers), le temps était

venu de mettre toutes ces informations par écrit. Ça a donné un livre de

267 pages, illustré de plus de 350 photos couleur, actuellement en vente

auprès de l’Arboretum d’Aubonne.

On y trouve des variétés typiques, comme la pomme Bovarde ou la

Reinette de Chevroux, la Noire d’Etoy ou la prune Bérudge, mais

aussi des moins connues comme la pomme douce Rotteranche,

la cerise rouge Péquegnette, la prune de Marchissy, la poire

Bergamote de Ballaigues.

C’est aussi une contribution à une meilleure connaissance de notre patrimoine naturel.

                                                             Roger CORBAZ

 

 

Feu bactérien en 2010

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par G. Andrey – (Police phytosanitaire)   Tél. : 021 557 91 83   Email : gilles.andrey@vd.ch

La station cantonale d’arboriculture de Marcelin vous informe des résultats des contrôles 2010:      .

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Sur un total de 110 plantes suspectes observées par la SCA :
· 47 échantillons ont été analysés par Agroscope.
· 4 ont été infectés par le FB, tous sur Cotoneaster salicifolius.
· Les 4 communes atteintes sont Bretigny-sur-Morrens, Froideville, Penthalaz et Pully.

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Les cotonéasters sont souvent les premières plantes hôtes du feu bactérien. Leur suppression volontaire reste plus que jamais d’actualité.
Le contrôle des cotonéasters, des arbres fruitiers à pépins et des aubépines reste indispensable, y compris hors des zones de production fruitière.

Taille
Les opérations de taille en hiver doivent être réalisées si possible lorsque la T° est inférieure à 10 °C.

Plantation
Prévoir les plantations au plus vite, dès que les conditions seront favorables. Eviter de planter des cognassiers.

Possibilité de désinfecter les chaussures
Rincer les bottes à l’eau, puis pulvériser de l’alcool à 70%, laisser agir et répéter l’opération.
Produits utilisables pour la désinfection des sécateurs
Par trempage 30 minutes dans une des solutions suivantes :
· Lysetol FF à 4%: Schülke et Mayr, Postfach 865, 8025 Zürich, 044 252 98 02
· Désinfectant FS 37 à 10% (ou 36 non dilué): Frisag AG, Industriestr. 10, 6345 Neuheim, 041 755 30 30
· Meno-Florades à 1% : H. Müller, 9214 Kradolf, 071 642 11 77
· Gigasept Instru AF à 3-10%, Landi.
Ces 4 solutions sont à renouveler tous les 15 jours.

· Beloran 200 à 4%: Fenaco, Schaffhauserstr. 6, 8400 Winterthur, 052 264 24 28
· Alcool 70% : en droguerie.
Ces 2 solutions sont à renouveler tous les 4 jours.

Désinfectants pour les mains : en droguerie ou certains magasins Landi.
La désinfection du matériel en contact avec les plantes est l’une des premières mesures préventives dans la lutte contre la maladie.

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Feu bactérien en 2009

La station cantonale d’arboriculture de Marcelin vous informe qu’il est très important de porter une attention particulière à vos fruitiers et plantes ornementales sensibles afin de diminuer le risque d’une propagation de la maladie.

Des dizaines de cas de feu bactérien ont été découverts dans le Canton de Vaud, principalement dans le Lavaux et la Riviera, mais aussi sur la Côte et dans le Gros-de-Vaud et le Jura – Nord Vaudois. Il s’agit principalement de Cotoneaster salicifolius et de C. dammeri, mais aussi un poirier et un cognassier.

Des contrôles par sondages se déroulent dans environ 200 communes. Rappelez-vous des symptômes typiques d’une attaque sur fruitiers : pousses annuelles en forme de crosse présentant une coloration brune à noire, feuilles noircies qui restent fixées aux branches. Formation visible d’exsudat jaune et parfois collant. Une fiche technique présentant des symptômes typiques peut être demandée à la SCA .

la photo de grandes dimensions

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Informations de novembre 2009:

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A partir du 15 novembre 2009, seul le canton du Valais fait encore partie de la *zone protégée* suisse.
Ceci n’a d’incidence immédiate pour le canton de Vaud que sur la possibilité de se fournir en plants
fruitiers sans passeport ZPB2 pour les plantes sensibles au feu bactérien. Toutefois, renseignezvous
sur la situation de la pépinière auprès de laquelle vous commandez vos plantes. On n’est jamais trop prudent avec cette maladie.   Viser une plantation d’automne.
La lutte continue avec le même soutien financier de la part de la Confédération.

L’annonce et l’éradication des plantes atteintes restent obligatoires.

La surveillance des plantes hôtes ne doit en aucun cas être stoppée, afin de diminuer le risque pour vos
arbres. Signaler tout cas suspect à la SCA.

(Station cantonale d’arboriculture Av. de Marcelin 29 1110 MORGES).
Les photos annexée ci-dessous  peuvent vous aider à faire comprendre l’intérêt d’éliminer volontairement et
sans dédommagement les cotoneasters, qui restent les plantes les plus sensibles à cette maladie.

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cotoneaster franchetti.

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cotoneaster salicifolius

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cotoneaster watereri

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ici complément du bulletin d’information du service de l’agriculture: février 2010

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La station cantonale d’arboriculture (SCA) de Marcelin rappelle que la prudence reste d’actualité !  Même en hiver, tout cas suspect doit être signalé à la SCA.  Les symptômes sont la présence persistante de feuilles brunes-noires sur des pousses (photo copyright SCA).

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Feu bactérien en 2007 

La station cantonale d’arboriculture de Marcelin  www.marcelin.ch  rappelle que 13 communes vaudoises ont été touchées en 2007 : Aubonne, Belmont s/Lausanne, Blonay, Bougy-Villars, Bursinel, Chexbres, Corseaux, Corsier sur Vevey, Ecoteaux, Le Vaud, Perroy, Pully et Vevey.

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Liste complète de toutes les communes suisses touchées par ce fléau, publiée par la station de recherche Agroscope Changins-Wädenswil ACW:   http://www.info-acw.ch/prognosen/feuerbrand/fbort_akt.pdf

On attire l’attention des propriétaires sur l’indispensable désinfection des outils (alcool à 70°) lors de travaux dans le verger.

Protection des plaies : comme indiqué lors des cours de taille de notre Société, il est fortement conseillé de nettoyer les plaies et d’enduire la blessure de l’arbre avec un produit cicatrisant (que l’on trouve dans le commerce de droguerie ou dans les dépôts agricoles).

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En 2007, le feu bactérien, provoqué par Erwinia amylovora, a provoqué de très gros dégâts en Suisse allemande principalement. Les températures, élevées pour la saison, furent très favorables aux infections à fin avril, puis des pluies dès le mois de mai permirent la propagation de la maladie dans les vergers commerciaux et sur les arbres haute-tige.

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On constate aussi, qu’outre les fruits à pépins, de nombreux arbres ou arbustes d’ornement sont attaqués. Malgré l’arrachage des cotoneasters à feuilles de saule (C.salicifolius) pratiqué dans presque toutes les communes de Suisse, les repousses ou les semis sauvages servent de réservoir à la maladie, tout comme l’autre cotoneaster (C.dammeri) arbuste tapissant, très présent dans les cimetières, et les aubépines sauvages et/ou ornementales.

 En Suisse romande la situation fut heureusement beaucoup moins grave pour les deux raisons suivantes :

a) le mois d’avril (2007) fut chaud, mais sec (3mm à Prangins pour tout le mois, et

b) les vieux poiriers haute-tige, souvent infectés, où les étourneaux passent la nuit, puis repartent dans les vergers industriels, sont très rares chez nous.

 On a dû constater néanmoins une augmentation des cas d’infection ; sur 172 échantillons envoyés pour analyse, 42 se sont révélés positifs. Les communes où fut trouvé le feu bactérien sont les suivantes : Aubonne, Belmont-sur-Lausanne, Blonay, Le Vaud, Perroy, Pully, Vevey. Heureusement c’était souvent sur des cotoneasters, mais des pommiers, des poiriers et des cognassiers ont dû être arrachés et brûlés. Par ailleurs, il se confirme que le cognassier est le fruitier le plus sensible.

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 L’auteur de ce texte a eu très peur en apprenant l’existence d’un important foyer à Aubonne. Heureusement, ce n’était pas dans les vergers d’autrefois de l’Arboretum.

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La lutte par des traitements

 On comprend que les arboriculteurs de Thurgovie, par exemple, voyant leurs collègues d’Outre-Rhin traiter leurs pommiers avec de la streptomycine, alors qu’eux-mêmes reçoivent l’ordre d’arracher et de brûler les arbres atteints, soient mécontents et demandent officiellement de pouvoir en faire de même. Cette lutte à base d’un antibiotique encore utilisé en médecine humaine est, avec raison, très controversée. Répandre un tel antibiotique dans la nature présente deux risques majeurs : le premier est de créer des résistances à la streptomycine chez toutes sortes de bactéries et, par conséquent, de rendre cet antibiotique de moins en moins utilisable en médecine humaine, secondement de le retrouver dans le miel et de pénaliser sur le marché cet excellent produit.

 D’autres possibilités, plus sympathiques, sont récemment apparues. Il s’agit de lutter avec des levures ou d’autres bactéries. Dans les deux cas, on occupe le terrain avec des micro-organismes non pathogènes, qui empêchent cependant l’agent infectieux de pénétrer dans la plante hôte. On ne dispose pas encore de nombreux résultats, mais le produit avec des levures Aureobasidium pullulans, le Blossom Protect, devrait avoir une efficacité de 80 % au plus pour 3 à 4 applications. Ce produit sera vendu par la firme Andermatt Biocontrol.

 Les résultats avec des bactéries (Bacillus sp.) sont très variables quant à leur efficacité ; nous ne disposons pour l’instant pas de plus amples renseignements.

Perspectives d’utiliser des variétés résistantes

 Le feu bactérien étant présent aux USA depuis très longtemps, les sélectionneurs et hybrideurs ont inclus ce problème dans leurs recherches, si bien qu’actuellement il existe des variétés de poires et de pommes présentant des caractères de tolérance, voire de résistance au feu bactérien. Cela fait déjà quelques années que la variété de poire Harrow Sweet, peu sensible au feu bactérien, se trouve sur le marché en Suisse.

 

 Chez les pommiers, quelques variétés présentent un bon comportement envers le feu bactérien, p.ex. Empire, ou parmi les plus récents Liberty. Elles n’ont guère rencontré de succès dans le commerce jusqu’à présent. Mais si elles ne sont pas adoptées directement, elles peuvent être utilisées comme géniteurs. C’est ce que réalise l’Agroscope Changins-Wädenswil déjà depuis quelques années.

 Donc, les perspectives à moyen terme sont bonnes ; elles vont essentiellement dépendre de l’attitude du commerce.

Problème des vergers conservatoires

 La belle collection de variétés anciennes se trouvant à Roggwil (Thurgovie) a été fortement atteinte de feu bactérien en 2007 ; la première apparition fut constatée le 15 mai ; 28 % des arbres ont été atteints, certains durent être arrachés, d’autres ont subi une taille sévère en enlevant les branches malades. Cette opération n’a pas toujours sauvé l’arbre.

 Dans de telles conditions, il est difficile de choisir entre la sauvegarde des ressources génétiques d’une part, et la lutte contre l’extension de la maladie d’autre part.

 Une réunion des responsables de collections organisée par l’OFAG début mars 2008 n’a pas permis d’établir des directives ni les responsabilités !

 Roger CORBAZ

– – – Informations provenant de notre journal INFOPOMO No 21, pages 7 – 9.


 

Feu bactérien en 2006

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La Station cantonale d’arboriculture de Marcelin communique que, durant l’année 2006, 45 plantes douteuses ont été annoncées, dont 28 ont été analysées. Un seul foyer a été découvert à Vuiteboeurf sur des cotonéasters.

Sur le plan national, 273 communes ont été contaminées par le feu bactérien en 2006. Les espèces les plus touchées sont les poiriers haute-tige (3749) contre 211 pour les pommiers haute-tige. Les cognassiers confirment leur grande sensibilité. Parmi les arbustes ornementaux, le cotonéaster dammeri vient largement en tête (8560 m2) contre 222 aubépines, 117 pyracantha, 5 sorbiers des oiseleurs et 1 amélanchier. 

Les mesures d’hygiène à prendre, surtout lors de la taille, sont maintenues. Elles consistent essentiellement à désinfecter dans de l’alcool à 70%.

                                                                                                                  Roger CORBAZ

 Détails concernant le Feu bactérien 

Informations provenant de la station de RAC de Changins

 http://www.acw.admin.ch/aktuell/?lang=fr

Le feu bactérien est une maladie particulièrement dangereuse pour quelques espèces botaniques (surtout les pommiers et les poiriers). Elle est causée par des bactéries absolument inoffensives pour l’homme.
La propagation de la maladie peut être évitée en ne touchant pas les plantes suspectes et en les annonçant à l’administration communale ou cantonale compétente.

Introduction

Le feu bactérien fait depuis plusieurs année des dégâts dans les vergers commerciaux et sur les hautes tiges de la Suisse alémanique, mais les attaques sont particulièrement dévastatrices en 2007.

La situation en Suisse romande est très différente. On a trouvé du feu bactérien dans chaque canton sur des plantes ornementales, mais en quantité beaucoup plus faible et encore jamais dans des vergers commerciaux. Des hypothèses plausibles pour expliquer cette différence sont:
– la plus faible précipitation et un risque d’infection ainsi diminué
– moins d’arbres à haute tige
– prise plus précoce des mesures prophylactiques suite aux leçons apprises en Suisse orientale, relatives à l’avancement de la maladie
– une question de temps

Situation suisse au mois de décembre 2007

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Même en hiver, tout cas suspect doit être signalé à la SCA.   Les symptômes sont la présence persistante de feuilles brunes-noires sur des pousses (photo ci-dessous, copyright SCA).

L’arrivée de la pomme en Europe


On admet que le Centre d’origine de ce fruit se situe dans les actuelles républiques du milieu
de l’Asie, autrefois englobées dans l’URSS, soit le Kazakhstan, l’Ouzbékistan et le
Tadjikistan. La progression de la pomme primitive vers l’ouest s’est réalisée sur le trajet de la
route de la soie.
On donnait aux bêtes de somme, soit les chevaux et les chameaux, des pommes à manger.
Les chameaux, en tant que ruminants, écrasaient les pépins entre les dents, alors que chez
les chevaux les pépins étaient rejetés entiers quelque 50 km plus loin.

Recherche de résistance aux maladies

Dans ces mêmes pays considérés comme Centre d’origine de la pomme, et en plus
l’Arménie, des chercheurs des Etats-Unis ont rassemblé pendant plusieurs années des
quantités de pépins récoltés sur de vieux pommiers (environ 300 ans) et en altitude (jusqu’à
1700 m). Semés, stratifiés, ces pépins ont germé puis donné de jeunes arbustes. Ces
derniers ont ensuite été artificiellement infectés avec les maladies les plus courantes, soit
tavelure, oïdium et feu bactérien. On a ainsi mis en évidence une haute proportion de sujets
résistants à la tavelure (environ 40%) à l’oïdium ainsi qu’au feu bactérien, surtout dans les
origines arméniennes.
Il reste à espérer que ces découvertes ne soient pas accaparées par de grandes firmes agro-
alimentaires qui vont certainement les breveter. Hélas ce n’est pas, semble-t-il, le souci du
gouvernement.

Allergies

En Suède 10-20% de la population est allergique au pollen de bouleau, une essence
abondante dans les pays nordiques. Cette proportion, par comparaison, tombe à 1-2% aux
Etats-Unis. Mais ce qui nous intéresse c’est le fait que les personnes qui réagissent au pollen
de bouleau soient en grande partie (50-90%) allergiques aussi aux pommes.

Roger CORBAZ


Fin du délai transitoire pour deux AOC

Suisse: Sbrinz et eau-de-vie de poire du Valais

ATS

« Les délais transitoires devant permettre aux producteurs de Sbrinz et d’eau-de-vie de poire du Valais de s’adapter aux nouvelles exigences de l’AOC sont échus. Désormais, l’appellation devra être clairement affichée sur ces deux produits.

Pour obtenir l’OAC, les produits doivent effectivement remplir plusieurs critères fixés par l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG), a indiqué l’Association suisse pour la promotion des AOC-IGP (indications géographiques provisoires) dans un communiqué.

L’eau-de-vie de poire du Valais a été le premier produit valaisan à obtenir son AOC, le 20 août 2003. Cette décision oblige notamment les distillateurs à mettre cet alcool en bouteilles dans sa région d’origine. Et, là aussi, toutes les étapes de production doivent avoir lieu dans la même zone.

Le délai transitoire accordé à l’eau-de-vie a expiré le 22 décembre 2006. Pour les producteurs qui ne suivent pas les directives du cahier des charges, aucune indication géographique en rapport avec le Valais ne doit figurer dans la désignation du produit, indique l’association. »

Actuellement, une demande AOC pour la Poire à Botzi est à l’examen, sur l’initiative de groupements fribourgeois. On murmure du côté de Genève qu’une demande identique pourrait être formulée pour les poires à rissoles, une spécialité du bout du lac (Genève, Pays de Gex, Savoie et Petite Côte).

Toutefois dans ces deux cas, il ne s’agit pas d’un produit, mais de variétés. C’est donc très différent.

Roger CORBAZ

– – – Informations provenant de notre journal INFOPOMO No 20, page 8.


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Un verger communal va reprendre vie à Cossonay   

Dans le cadre d’un projet de revitalisation écologique de terres agricoles,
la commune de Cossonay a prévu de planter un verger haute tige de variétés
locales menacées de disparition. Le pépiniériste C. Tissot, de Cossonay,
a préparé des arbres avec des greffons recueillis à l’Arboretum d’Aubonne.

Au cours de l’automne 2006, une première plantation a été réalisée grâce à
l’aide de membres du Rotary club. Ce sont au total 20 arbres qui ont été
mis à demeure, comprenant des pommiers, des pruniers et des cerisiers.

L’opération sera répétée les années suivantes et finalement quelques
variétés fruitières formeront une collection intéressante tant sur les
plans pédagogique, protection de la diversité biologique qu’esthétique.

L’auteur du projet est Bernard Dufour, bureau Bio-Eco, à Cossonay et
le suivi des plantations et du verger est assumé par le pépiniériste
sus-mentionné.

On souhaite prospérité et longue vie à ce projet.

                                                  Roger CORBAZ

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Regain d’intérêt pour la cerise Noire de Montreux

      La cerise Noire de Montreux fait partie du patrimoine naturel de la « capitale » de la Riviera vaudoise, au même titre que les narcisses. Si ces dernières fleurs jouissent maintenant du soutien d’un groupe de fans, la cerise se faisant elle aussi de plus en plus rare, a trouvé des défenseurs dans l’équipe des Espaces verts de Montreux, dirigée par Bertrand Nanchen.

      A la suite d’enquêtes et d’examens des fruits annoncés comme Noire de Montreux, il a été possible de retrouver le type original, à savoir celui décrit par MM. Faes et Aubert en 1932.

      Cette cerise, moyenne à petite, environ 5 g, possède deux qualités très intéressantes : la première consiste à ne pas éclater quand arrive un orage après une période sèche, la seconde est la capacité de l’arbre à prospérer en altitude, parfois jusqu’à 1000 m.

      Le service des Espaces verts a fait greffer un certain  nombre de jeunes cerisiers et les offre au prix de revient à tous ceux qui aimeraient participer à la sauvegarde de la Noire de Montreux. On espère qu’ils seront nombreux et que cette initiative bienvenue incitera d’autres villes et villages à faire de même. On pense par exemple à Chavannes, Etoy, Bex, etc.

                                                                                                  Roger CORBAZ

 

ce que nous dit Florence Millioud Henriques:

Aix a ses Calissons, Cambrai ses Bêtises. Et Montreux – oh surprise – joue aussi la gourmande au nombre des villes aptes à titiller les papilles gustatives. Sa cerise – la noire de Montreux – à l’appui.

Difficile à croire, non? Pourtant l’histoire, même hors les frontières suisses, atteste de l’existence d’un fruit «sucré, fin, vineux, rafraîchissant dont les hommes et les oiseaux sont friands.

En revanche, tenter un «j’aimerais un kilo de noires de Montreux» au marché hebdomadaire est aujourd’hui peut-être un peu risqué! Le fruit – à l’origine rapporté du Caucase par un général romain – a eu son heure de gloire sous l’appellation «Montreux». «De l’après-guerre jusqu’aux années 70», précise même Pierre-Vincent Cochard qui, longtemps, a tenu étal sous le Marché couvert. «Pourquoi on nous en demandait? Parce qu’elle était bonne! Malheureusement, nos arbres ont vieilli, et nos tentatives pour replanter ont échoué.»

En résumé… toute l’histoire de cette variété de guigne qui, peu à peu, a disparu des vergers montreusiens. Par la faute, aussi, de la pression urbanistique.

Sous son tablier de chef jardinier, Bertrand Nanchen observait le phénomène: «La noire de Montreux? On en parle toujours, mais difficile d’en trouver une à croquer. Les rares spécimens fleurissant encore vieillissent, il fallait agir pour ne pas perdre cette variété.»

Dont acte! Alimentée par trois arbres repérés à Montreux, la nursery n’avait plus qu’à faire ses preuves sous l’œil expert du Dr ès sciences Roger Corbaz. Ne materne pas qui veut la noire de Montreux, et il fallait s’assurer de l’authenticité du produit! En effet… des trois donneurs, seuls deux se sont révélés originaux. Ils ont permis 90 greffages, qui ont débouché sur 57 plants mis en vente dès aujourd’hui. Avec, au bout du compte, le pactole pour la commune de Montreux? «Il s’agit de préserver le patrimoine, l’opération n’a aucune visée pécuniaire», rétorque Bertrand Nanchen.

Cerise sur le gâteau

Née comme un fruit du hasard – parce qu’issue de rapport de bons voisinages au nom desquels on s’offrait les fruitiers à greffer – la noire de Montreux est donc à nouveau promise au savant alignement sur une tarte prête à crépiter au four. Ou alors, au tonneau! Les connaisseurs disent qu’elle donne une eau-de-vie très appréciée…

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et la photo fournie par Céline Michel, montrant Roger Corbaz et Bertrand Nanchen qui ont redonné vie à une variété locale (produit du terroir vaudois) qui a eu une réputation <<internationale>>, car exportée, la noire de Montreux aurait aussi été cultivée dans la région de Montbéliard jusqu’en 1945.


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Aperçu historique de la Société de Pomologie et d’Arboriculture du canton de Vaud

Un certain samedi 28 décembre 1907, après qu’un comité d’étude se fut penché sur la nécessité de mettre en place une organisation en vue de promouvoir la production et la commercialisation des fruits de Suisse Romande, des gens de la région lausannoise ont fondé la Société Vaudoise d’Arboriculture et de Pomologie. A l’époque, le Code Civil n’était pas encore en vigueur mais cela n’a pas empêché les fondateurs de concocter des statuts pour mettre en forme leur projet d’association.

 

 

      La société s’est alors mise en marche dès le début de 1908 et en l’an 2008, on a fêté ses 100 ans d’existence. Son développement fut particulièrement brillant puisqu’à certaines époques, on comptait près de 1500 membres. Votre comité actuel ne pouvait laisser passer une pareille date anniversaire et s’est mis au travail pour la fêter dignement.

 

   C’est ainsi qu’une première étape a consisté, au printemps 2007, en un inventaire sérieux des archives. A l’époque pas d’ordinateur, mais de belles plumes des présidents et secrétaires nous ont transmis de savoureux documents qui sont en cours d’étude et de classement. Une iconographie faite avec les moyens très limités comparés à ceux dont nous disposons aujourd’hui va nous permettre de mettre des noms et prénoms sur des têtes dont certains de nos membres actuels se souviennent encore. Si l’on travaillait dur, on savait se divertir aussi. Les courses en Suisse et à l’étranger étaient mémorables et chacun se pressait pour participer à des visites de producteurs éparpillés tant en notre région que beaucoup plus loin. On voulait comparer, apprendre, améliorer la qualité et finalement vendre au mieux sa production.

 

 

      Votre comité s’est mis au travail il y a déjà deux ans, pour vous préparer le samedi 17 mai 2008 une grande fête à l’Arboretum d’Aubonne. Une exposition de vieux outils aratoires et arboricoles, une présentation d’anciens arbres fruitiers mis récemment en culture, une plaquette rappelant les joies et les soucis de nos prédécesseurs furent couronnés par un repas où chacun a eu énormément de plaisir. Ce fut une grande journée.

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      Comme déjà relevé, un comité ad’hoc s’est attelé à la mise en valeur des archives soigneusement conservées depuis 100 ans. Un CD contenant des photos d’un autre temps pour le moins charmantes sera envoyé à tous nos membres à fin 2008. Notre site Internet – il faut bien vivre avec son temps – sera le premier à vous montrer de telles photos, des documents de l’époque et plein d’éléments intéressants. Dès la fin de l’été 2007, a commencé la publication de ces documents. Chaque membre recevra un exemplaire du CD ainsi que la plaquette. Alors je lance un appel. Avez-vous des photos peut-être inédites de l’époque ? Merci par avance de nous les confier pour que nous puissions les numériser. Cette méthode n’altère aucunement vos documents, c’est mieux que des photocopies. On peut adresser ces précieux souvenirs au secrétariat de la Pomo ou appeler le secrétaire ou le président qui s’arrangeront pour venir les chercher. Mais il fait faire vite, la fête est bientôt là.

 

 

Bernard Knöbl, secrétaire

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1908-2008, une alerte centenaire

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L’automne 1907 avait vu de nombreuses réunions d’un groupe de personnes qui avait pour objectif la création d’une société calquée sur la Société Pomologique de France. C’est ainsi que, réunis au lieu dit le Champ-de-l’Air, à deux pas de la Station fédérale d’essais agricoles de Mont-Calme sur les hauts de Lausanne, ces personnes ont concocté la fondation d’une association ayant pour but « le développement de l’arboriculture et la défense des intérêts généraux des sociétés d’arboriculture locales ou régionales dans le Canton de Vaud ».

 

 

 

     Dès janvier 1908, ces précurseurs ont mis en place leur association dont le siège était à Lausanne et le lieu de réunion du comité le Café du Midi sis du côté ouest du Grand-Pont. Si le Grand-Pont existe encore de nos jours, le Café du Midi a cédé sa place à un immeuble commercial jouxtant l’ancienne Banque Populaire Suisse.

 

 

 

     Le 24 mai 1908, le Comité de la Société de pomologie et d’arboriculture du canton de Vaud annonçait au Comité central de la société Vaudoise d’Agriculture et de Viticulture la fondation, dont l’assemblée constitutive avait eu lieu en février de la même année, de son association et lui demandait son appui moral

 

 

 

     Depuis cette période, la POMO, comme on l’appelle encore aujourd’hui, s’est développée en acceptant de nombreux membres tant individuels que collectifs et en devenant un interlocuteur reconnu des Autorités Vaudoises qui cherchaient à organiser le marché fruitier du pays de Vaud. Des cours étaient organisés dans différents domaines en relation avec la culture fruitière comme par exemple des cours d’utilisation des explosifs (pour les défoncements de terrains appelés à recevoir des plantations). Une commission spéciale composée de spécialistes visitait les plantations des membres et leur attribuait de bons ou mauvais points. Enfin, on voyageait en groupes et en train pour visiter des vergers à Morges ou ailleurs.

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La POMO a connu aussi des passages à vide après une pointe de plus de 1400 membres actifs. Les périodes des deux guerres mondiales ont freiné l’activité qui a cependant chaque fois repris la paix revenue.

 

 

 

     Aujourd’hui, la POMO est forte de près de 300 membres actifs. Elle est ouverte aux amateurs comme aux professionnels. Son activité est principalement fondée sur des cours pratiques dans les vergers et l’on constate que les jeunes couples souhaitant produire leurs propres fruits rejoignent les rangs des anciens.

 

 

 

     Le 17 mai 2008, à l’Arboretum du Vallon de l’Aubonne, les sociétaires se sont réunis pour un grand banquet commémoratif, une exposition et partager un moment « pomologique ». La POMO repart pour un siècle !

 

 

 

 

Bernard KNOBL, secrétaire

 

 

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Voici quelques souvenirs de nos très chers/ères  vétérans à qui nous devons énormément pour avoir travaillé durant de nombreuses années à la promotion de la POMOLOGIE en terre vaudoise:

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Le domaine du Champ-de-l’Air,  l’endroit où fut concoctée la fondation de notre  Société de Pomologie et d’arboriculture du canton de Vaud.

par Guy Delafontaine.

J’ai bien connu lorsque j’étais collégien à Lausanne, Le Champ-de-l’Air, domaine qui était situé à l’emplacement de l’école de médecine, à la Rue du Bugnon.
Mon grand-père Charles y avait étudié l’agriculture et l’arboriculture dans les années 1907-1910.
Mon père travailla pendant 40 ans dans le bâtiment voisin, l’Institut de physiologie de l’école de médecine de Lausanne, où j’allais le retrouver chaque jour à midi à la sortie du collège. J’ai visité à plusieurs reprises l’édifice du Champ-de-l’Air, qui était dans un triste état, et j’avais reçu quelques oiseaux empaillés (et poussiéreux)  lors du démantèlement du musée agricole, avant la démolition totale pour faire place à la nouvelle école de médecine.

L’édifice du Champ-de-l’Air était singulièrement hétéroclite, se composait de plusieurs corps de logis et s’étalait en longueur selon un plan capricieux suscité sans doute par la configuration accidentée du terrain, qui monte fortement du sud au nord. Il comptait deux étages de plus dans sa partie septentrionale, et était le paradis délabré pour l’exploration sauvage par quelques collégiens en 1954-1956. Un très vieux pressoir à levier et à vis, construit exclusivement en bois siégeait devant l’entrée et fut transféré à Aigle. C’est en fait le pressoir de Ravoire (Martigny) conservé au Musée de la Vigne, du Vin et de l’Etiquette au Château d’Aigle. Acquis en 1910 par Ferdinand Porchet de la station viticole, ce pressoir a été exposé à la 8e exposition agricole de Lausanne avec un écriteau précisant : «Pressoir de type romain ayant fonctionné en Valais à Ravoire en 1909» .
Remonté à la station de Champ-de-l’air sur les hauts de Lausanne (aujourd’hui CHUV), il a ensuite été exposé sous un abri dans le jardin du Château de Glérolles, où l’office des vins vaudois avait un caveau promotionnel. En 1971, il est déposé au Château d’Aigle avec plusieurs meubles. Il est considéré comme le plus ancien des pressoirs de ce musée, datant peut-être du XVIe ou du XVIIe siècle.

Selon les archives de la ville de Lausanne, le domaine du Champ-de-l’Air appartenait au 18ème siècle à la famille Vullyamoz, dont l’une des filles, Louise-Henriette, avait épousé Ernest Guillaume, baron de Rottembourg. Le domaine comprenant alors une maison avec grange et étable. De 1784 à 1787, les Vullyamoz et le baron de Rottembourg firent construire un imposant bâtiment pour lequel ils achetèrent une quantité considérable de bois à la ville. Ils avaient dû emprunter en 1784 la somme de 14200 livres de France «tant pour subvenir aux frais de la construction de bâtiments qu’ils font élever sur leur domaine du Champ-de-l’Air que pour réparer et bonifier et faire des acquisitions et arrondissement du dit domaine» . En 1806, le gouvernement vaudois acheta cette grande propriété. Le bâtiment principal contenant 36 pièces réparties en 3 étages sur rez-de-chaussée. Il utilisa le bâtiment comme asile d’aliénés, puis ce fut le siège de l’Institut agricole. L’hôpital cantonal a été construit dans le haut du domaine de 1875 à 1883, à côté de la station de recherches de viticulture de Montagibert (qui fut transférée à Changins) .

Ouvrons une parenthèse à propos de l’histoire des Bourla-Papey chère aux Vaudois, concernant Louis Reymond, homme de lettres et officier recruteur pour les troupes auxiliaires vaudoises, et qui termina sa vie enfermé au Champ-de-l’Air. Louis Reymond s’est retrouvé, en mai 1802, à la tête d’une troupe d’environ 3500 paysans révoltés, soit le commandement d’un général de division.
Il a alors entrepris d’aller de château en château afin de brûler systématiquement les anciens documents dont les nobles voulaient encore se prévaloir pour surtaxer les paysans. Cette troupe fut surnommée les “Brûle-Papiers” (“Bourla-Papey” en patois vaudois) .
Louis fut condamné à mort, puis après de moult péripéties, On l’interne alors au Champ-de-l’Air, où il continue à lire et à formuler des critiques lucides et acerbes contre les politiciens en place, jusqu’à son décès en 1821, à 49 ans.

Le Champ-de-l’Air fut aussi le lieu de naissance de la Radio Romande en 1922, et il hébergea le studio de T.S.F. (téléphonie sans fil), ainsi que ce qui fut le troisième émetteur de radio en Europe, avec une gigantesque antenne, déplacée ultérieurement à Sottens (en 1931) .

Voici un résumé de l’histoire mouvementée du Champ-de-l’Air à Lausanne, berceau de notre Société de Pomologie, et j’annexe à ce document une photo des bâtiments.

 


 

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