Le bon geste d’avril 2026

 

 

 

 

Bonjour à toutes et à tous,

 

En avril ne te découvre pas d’un fil. En ce premier jour d’avril, l’adage se confirme !

 

Mais pour certains, la récolte s’est déjà jouée la semaine dernière, principalement pour les abricotiers et les pêchers.

 

La sensibilité des arbres diffère en fonction de l’espèce, de la variété et du stade phénologique (stades de végétation). En plein hiver, les arbres résistent sans problème à des températures de -18° à -20°. Au stade de boutons le pommier et le poirier résistent à des températures de –4,5°, pour les fruits à noyaux -4°. En pleine floraison, le pommier et le poirier résistent à -3°, -2° pour l’abricotier, – 3,5° pour le pêcher et même -4° pour le cerisier. C’est au moment de la nouaison (lorsque le tout jeune fruit se forme et qu’il doit rester attaché à l’arbre) que les arbres sont les plus sensibles. 0° pour l’abricotier, -2° pour le pommier, -1° pour les autres espèces.

 

Pour les professionnels divers moyens de lutte sont disponibles, mais très souvent, leurs conditions de mise en œuvre sont spécifiques ou demandent des infrastructures importantes et surtout, leur coût de mise en œuvre, peut s’élever à plusieurs milliers de francs à l’hectare pour une seule nuit de lutte.

 

La lutte par aspersion : Dès que la température est à 0° (pas avant, car l’eau qui s’évapore prend des calories à la plante), on déclenche l’arrosage au-dessus des arbres. Il faut bien sûr disposer d’une telle installation, de beaucoup d’eau et d’un sol drainant. Ce qui est le cas dans la vallée du Rhône. L’eau en gelant va dégager 80 calories par gramme, ce qui va ‘’réchauffer’’ les organes floraux. Une fois le manchon de glace installé, la température reste stable sous ‘’ce manteau de glace’’. L’arrosage ne pourra être arrêté que lorsque les températures seront à nouveau quelques degrés au-dessus de zéro, afin de compenser la perte de calories engendrée par la fonte de la glace. La mise en place de cette mesure va durer quelques heures.

 

La lutte à l’aide de chaufferettes : Cette lutte ne peut avoir lieu que par vent faible. Elle consiste à allumer des bougies de paraffine ou des bidons remplis de pellets. Cette méthode permet de réchauffer l’air. Ces petits récipients doivent être installés au maximum à 10 m les uns des autres. Ils doivent être plus proches si le froid est plus intense.

 

La couverture par la fumée : Nécessite aussi l’absence de vent. Au lever du jour, on crée un écran protecteur à l’aide de bottes de paille humides, réparties dans la culture, auxquelles on a mis le feu. La réduction de la perte par rayonnement de la chaleur du sol dans l’atmosphère permet de gagner jusqu’à 1°. Cette méthode libère une grande quantité de particules fines dans l’atmosphère.

 

Le brassage de l’air : L’air froid plus dense se trouve près du sol. L’air chaud étant moins dense, il se retrouve en hauteur. Cette technique consiste à diriger vers le sol, à l’aide de gros ventilateurs ou de petites d’éoliennes cet air ‘’chaud’,’ que l’on va chercher à quelques mètres du sol. Cette technique brasse les masses d’air et plaque de l’air plus chaud au sol. Les gaz d’échappement et la chaleur dispensées par les générateurs diesel faisant fonctionner ces installations peuvent aussi être dirigés dans le flux d’air pour contribuer à son réchauffement. La même technique peut être effectuée par un hélicoptère volant à environ 20 m du sol qui effectue des passages toutes les 6 à 7 minutes. Cette dernière technique demande de pilotes chevronnés, car voler à une altitude si basse au lever du jour demande de très bonnes aptitudes de pilotage et l’absence d’obstacles !

 

Le mur d’air chaud : Une ancienne station d’essais phytosanitaires au pied de la Dôle est équipée d’un système de buses-brûleurs alimentés par le gaz. Les buses sont disposées dans un grand caniveau qui surplombe l’ensemble des cultures. Lorsque qu’une masse d’air froid descend du Jura, le système peut être enclenché. La masse d’air froid en se déplaçant traverse ce mur d’air chaud ce qui la réchauffe.

 

Comme vous pouvez le constater, ces techniques ne sont pas évidentes à mettre en œuvre chez l’amateur. Certaines années, comme pour certains producteurs, il ne vous restera malheureusement, que les yeux pour pleurer.

 

Malgré cela, restons positifs, je vous souhaite à toutes et tous, un bon mois d’avril.

 

Pierre-Alain

 

Le bon geste de mars 2026

Mars 2026
Bonjour à toutes et à tous,
La végétation repart, mais ne vous précipitez pas. L’hiver n’a peut-être pas ditson dernier mot.
La taille des pêchers et des abricotiers, si celle-ci n’a pas été effectuée après la récolte, est à effectuer de suite. Il est important d’appliquer un badigeon cicatrisant sur les plaies de plus d’un cm de diamètre sur ces deux espèces mais aussi pour le cerisier. Ces espèces sont sujettes à des attaques de bactéries directement par les plaies de taille.
Certains d’entre vous ont eu de la peine à se procurer du cuivre… C’est normal. Les services de la Confédération ont demandé leur retrait, pour les non professionnels, aux divers fournisseurs. La situation est ubuesque car sur le site de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires, la dernière mise à jour (du début février), des produits autorisés en arboriculture pour les non professionnels contient bel est bien les produits commerciaux à base de cuivre. J’ai aussi appris que divers autres produits bio ont été retirés de l’utilisation pour les non professionnels. J’ai donc envoyé un mail à l’Office fédéral. Je vous donnerai des nouvelles dès que possible.
L’application des produits alternatifs doit donc devenir pour vous la norme. La nature ne s’en portera que mieux !
Je ne peux que vous conseiller une première pulvérisation de décoction de prêle des champs à 5 % au débourrement de l’ensemble de vos fruitiers. Si vous n’avez pas eu la possibilité de préparer cette décoction, en juin dernier, vous pouvez vous procurer de l’extrait de prêle auprès de la société Andermatt Biogarten. Une seconde pulvérisation doit s’effectuer un peu avant la floraison et la troisième après la floraison. Les cristaux de silice vont provoquer un durcissement des feuilles. Les champignons phytopathogènes et les insectes préfèrent mordre ou piquer dans des tissus mous.
Bon mois de mars à toutes et à tous.
Pierre-Alain

Le bon geste de janvier 2026

Bonjour à toutes et à tous,

 

Heureux de vous retrouver en ce début d’année.

 

La taille des arbres à pépins et des pruniers est en cours. La taille des autres espèces devra attendre fin février.

 

Qui dit taille dit échelles. Chaque année de nombreux accidents surviennent lors de l’utilisation de celles-ci. Diverses mesures peuvent être prises pour limiter les risques :

 

  • Contrôler votre échelle avant l’utilisation. Pour les échelles en alu un contrôle visuel permettant de vérifier le bon état des montants, des échelons et une absence de fissures ou de déformations est à effectuer. Pour les échelles en bois, il faut déposer les extrémités de l’échelle sur des poutres posées au sol et marcher sur les échelons afin de vérifier leur solidité (mieux vaut qu’un échelon se rompe à 10 cm du sol qu’à plusieurs mètres de haut !). N’oublier pas de vérifier les sangles ou chaînettes de maintien ainsi que les patins des pieds.

 

  • N’utilisez jamais une échelle qui n’est pas sûre.

 

  • Durant l’utilisation, vérifier que les dispositifs de retenue sont bien positionnés.

 

  • Vous pouvez munir votre échelle de pics amovibles afin de sécuriser son utilisation dans les sols mous.

 

  • L’5. L’angle d’inclinaison devra être de 65 à 75 °. Pour le vérifier, vous vous positionnez perpendiculairement à votre échelle. Vous appuyez votre talon en bas d’un montant. Votre bras à la hauteur de l’épaule, replié au niveau du coude. Le coude doit toucher le montant.

 

  • Votre échelle doit dépasser de 1.00 mètre la branche contre laquelle elle est appuyée soit 3 échelons.

 

  • Ne vous appuyez pas sur des branches trop grêles ou dont le bois est de mauvaise qualité. 10 cm de diamètre est une limite au-dessous de laquelle il ne faut ‘’pas s’aventurer¨ !

 

  • Vous pouvez attacher le haut de l’échelle par un des montants à une branche. Ce qui évite qu’elle ne glisse.

 

  • Lorsque vous montez à l’échelle, tenez-vous toujours aux échelons. Nos mains sont trop petites pour se retenir aux montants.

 

  • ortez de bonnes chaussures avec une semelle profilée.

 

  • ors des pauses, repliez toujours l’échelle au sol.

 

Les professionnels ont eux l’obligation de s’assurer avec un harnais dès que la hauteur de chute (au niveau des pieds) dépasse 2.00 mètres. Ce qui implique qu’ils doivent avoir effectué une formation reconnue et que l’ensemble de leur matériel doit être vérifié une fois par an par un spécialiste.

 

L’utilisation d’échenilloirs et de scies perches évite la prise de risque. Même si quelquefois, l’angle de coupe n’est pas idéal.

 

Bonne taille à tous et à toutes en toute sécurité.