L’Olivier de Bohême

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D’ornement mais aussi fruitier : l’olivier de Bohême

Comme je désirais entourer notre maison de parfum naturel, j’ai recherché un arbuste qui fleurisse en automne. Mon choix s’est finalement porté sur Elaeagnus pungens. Cet arbuste à feuilles persistantes, dont la face supérieure est d’un beau vert brillant et la face inférieure grise à blanchâtre, (bien qu’actuellement on plante de préférence les types panachés soit à feuilles vertes bordées de jaune) s’est révélé très vigoureux. En octobre de petites fleurs blanches, sous forme de clochettes, apparaissent à l’aisselle des feuilles. Vu leurs dimensions, elles n’attirent guère le regard, par contre le parfum fort et pénétrant, doucereux, titille à coup sûr les narines. La floraison s’étale jusqu’aux premiers gels, soit vers fin novembre au plus tard.
 
Durant l’hiver les corolles tombent au sol et petit à petit le contour du futur fruit se dessine, mais la croissance s’accélère au printemps pour devenir un genre d’olive étroite. Vers la fin mai, les fruits rougissent et atteignent leur maturité, attirant merles et autres oiseaux, tout heureux de goûter si tôt les premiers fruits de la saison.
    
En fait, un gros noyau très dur occupe le centre du fruit. Il est enrobé d’une couche peu épaisse de chair rougeâtre, plutôt fibreuse mais doucereuse, donc mangeable.
    
Après diverses recherches pour savoir si ces fruits ne cachaient pas quelque toxicité malvenue, on s’est décidé d’en faire de la confiture.
    
A vrai dire c’est laborieux ; il faut les cuire dans de l’eau environ 5 minutes, puis les passer dans un tamis (une passoire à mailles pas trop fines) pour éliminer les noyaux. La masse rougeâtre est ensuite cuite à petit feu, avec du sucre de canne et, si nécessaire, un sachet de produit gélifiant. La confiture a un goût particulier, agréable et peu prononcé. Elle pourrait remplacer peut-être celle des cornouilles, l’acidité en moins, ou des cynorhodons, les graines poilues en moins.
    
L’olivier de Bohême ne demande aucun soin particulier ; il supporte aisément les gels hivernaux, préfère la mi-ombre et le sec. De temps à autre il faut rabattre ses longues branches arquées qui s’étendent toujours plus loin. Attention, certaines espèces fleurissent au printemps.

Roger CORBAZ

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